TENTATIONS ARGENTIQUES
DE NOEL...2002

PICTCHALLENGE a réfléchi aux "tentations de Noël", avec, à coté de l'ordinateur qui me sert à fabriquer le site...le mode d'emploi du nouveau Kodak numérique Pro 14 n...oui, j'ai le mode d'emploi...mais nos testeurs n'ont pas encore pu voir l'appareil.

Alors, nouveautés de Noël ? A part le Sigma SD9 et le Nikon 24-85 AFS (c'est lui qui a été utilisé pour les photos de cette rubrique !)...pas grand chose à se mettre sous la dent !

Aussi pourquoi ne pas nous interroger sur le regain de l'argentique pour faire connaître quelques unes de mes trouvailles récentes ?

Beaucoup d'appareils anciens, nous les connaissons dans les livres, comme celui de Lionel Gérard COLBERE qui est toujours disponible en promotion...superbe ouvrage !


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Mais j'ai eu l'idée de vous présenter aussi quelques trouvailles, en profitant du fait que l'actualité débordante des produits numériques destinés aux pros et amateurs experts donne beaucoup d'opportunité pour acquérir à bon prix des produits argentiques...légéndaires ou plus modestes...mais qui ont tous leurs qualités. Et si certaines de ces qualités sont mythiques....

 

...d'autres sont moins connues et plus abordables, alors que le marché de l'occasion explose !
 

JMS 21/12/2002



SOMMAIRE:

Les derniers des mohicans ? Retour des ancêtres 24 x 36 abordable
Les 24 x 36 Pentax Nikon le retour des Ais Optiques de légende

 



 
 



Les derniers des mohicans ?

Pour moins de 250 euros...parfois beaucoup moins sur le web, on peut trouver un Minolta Vectis S1 neuf, avec son zoom de base (très piqué, vraiment) 22-80 de 4-5.6. Ce petit reflex APS était un concept très innovant à la sortie du format "révolutionnaire", et même si ce format est en déclin très rapide (dur de trouver des films dns certains pays !) l'appareil garde son attrait comme boitier de voyage, léger, étanche à la pluie et aux éclaboussures. L'obturateur monte au 1/2000 me de seconde, mesure de lumière "nid d'abeille en 14 zones", autofocus correct. Par contre, il n'y a pas que les films qui peuvent poser problème, il y a aussi les optiques supplémentaires (zoom Apo longue focale, objectif macro) qui ne se trouvent pas si facilement.

En fait, l'APS peut connaître assez vite le sort du "126 -Kodapack Instamatic" qui après avoir inondé le monde en millions d'exemplaires, a ..disparu ! Quelques fournisseurs trouvent encore du film négatif couleur 200 iso, quelques labos développent encore. Souvenons nous, ce format inventé en 1963 devait renvoyer le 24 x 36 aux oubliettes...bon, il y a eu des films pendant plus de 30 ans...mais le 24 x 36 n'est pas encore aux oubliettes.

Les appareils présentés ci-dessous ont été acquis pour ...Noël 2001. Le "500" était à la sortie du format en 1963 le haut de gamme absolu, "Made in Germany", optique Schneider Xenar 4 lentilles de 2.8, obturateur au 1/500 ème, cellule couplée ! Le "400" était le haut de gamme américain de la même époque, automatique, avec moteur de réarmement du fim pour les raflaes...si on avait l'index assez nerveux ! J'ai trouvé le 500 pour un peu plus de 30 euros, le 400 a été déniché dans une brocante, 8 euros. Il est très rare en France...et j'ai encore des films 126 au frigo !!!
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  

Le retour des ancêtres ?

La sortie du Canon EOS-1Ds bouleverse les certitudes: le film 24 x 36 serait dépassé, il faudrait des moyens formats pour tirer la qunintessence du support argentique. Mais tout le monde ne peut pas s'offrir un Blad...alors que sortent des greniers pas mal de classiques des années...cinquante. Encore parfaitement utilisables, car le film 120 qu'ils chargent restera encore reès longtemps en production pour les moyens formats pros. Voici trois exemples...

Ci-dessus, le Semflex équipé d'un Som Berthiot Flor 3.5 de 75 (proche du Xénar ou du Tessar des Rollei) correspond aux fonctionnalités du classique 6 x 6 biobjectif. On en trouve en bon état à 100 euros, faire attention à ce que l'obturateur ne soit pas grippé...et que les lentilles soient "claires". Cet exemplaire est vraiment en état "quasi neuf"...

Jusque dans les années récentes, les 4.5 x 6 à soufflet, utilisant le même film, ont été produits en Chine. Le Seagull 203 équipé d'une bonne optique dispose d'un télémètre couplé, son quasi frère de marque Hongmei en est dépourvu. Il n'y a plus de soufflet dans les productions d'autres pays du monde, mais on trouve de nouveau en neuf des 4.5 x 6 format "compact". Ils n'offrent pas forcèment le prix très attractif des appareils chinois...sur place, compter 20 à 40 euros...pour un modèle fonctionnel.










Encore une trouvaille chinoise...mais de hasard, le "Great Wall" (Grande muraille) est un multi format 6x6, 4.5 x 6...et 24 x 36 environ...mono-objectif reflex à optique interchangeable (à vis) à obturateur à boisseau. Très bien construit et fini, il accepte les films 120. Son objectif est un 3.5 de 90 mm. Je n'ose donner une cote. Le mien a coûté 35 euros...

Bientôt en test sur Pictchallenge...n'hésitons pas, il serait confronté à un Hasselblad 500C des seventies ! Nous utuliserons une cellule, car la plaque d'index d'exposition est rédigée..en chinois !
 


 


 

Le 24 x 36 abordable...

Le numérique ne menace pas les films 24 x 36, d'autant que le marché des pays émergents ne peut pas encore accéder massivement au numérique ! Mais le déstockage massif des amateurs qui achètent les compacts numériques met sur le marché des compacts de tous âges et prix ! Quelques coups de coeur figurent dans cette rubrique....

Ci dessus l'increvable (mais hélas parfois peu fiable) Olympus Mju2 est équipé d'un remarquable objectif 35 de 2.8 à quatre lentilles. Il est automatique, autofocus, motorisé, étanche à la pluie...en occasion débattre autour de 50 ou 60 euros. A droite, une des versions du Canon Prima, je l'ai trouvé neuf sur une brocante (boîte et notice !) pour le prix d'un jetable...optique correcte, et un viseur qui rendrait fou de jalousie par sa taille et sa clarté maints compacts numériques à 150...ou 1000 euros !

Question viseur, les Voigtlander made in Germany des sixties figurant ci-dessous n'étaient pas avares non plus ! Il y a 40 ans, ces appareils figuraient le bas de gamme (Vitoret) ou moyen de gamme (Vito CD) de cette grande marque ...retrouvée depuis peu !

Ces modèles...dont les hauts de gamme valaient bien un mois de slaire ou plus des "smigards" de l'époque, sont segmentés par l'optique (3 lentilles pour l'entrée de gamme, 4 lentilles pour la gamme moyenne) et l'obturateur (souvent les entrées de gamme sont limités au 1/125è...contre 1/250è ou 1/500è pour les modèles plus onéreux). Construction métal robuste, on s'en aperçoit en essayant. J'ai payé chaque mdèle 15 euros pièce. Le Vito CD a un viseur presque aussi large et clair qu'un ...Leica M de la même époque !

Mais pourquoi ne pas acheter un 24 x 36 télémétrique ...neuf ? En Chine, la réedition sous la marque "Phenix" du "Seagull 205", lui même inspiré sans doute d'un Minolta du début des séventies, offre un 50 mm 2.8 très correct, un très grand viseur clair au télémtère très précis, et une cellule Cds pour mesurer l'exposition. Compter 40 euros pour un modèle neuf...plus le voyage, ou cherchez le sur le web !

Enfin, ci-dessous, deux exemples extrèmes de compacts 24 x 36 de petite dimension...
la Beirette était "DDR made" pour débuter...et au début des années 90 Nikon tentait la "niche" du compact de luxe, avec le 35 TI (en titane) avec optique haute performance...Rien à voir entre les deux concepts, sinon le film 24 x 36 et les dimensions, car il faut compter autour de 10 euros pour la Beirette et entre 300 et 400 euros...voire plus...pour le Nikon, très recherché désormais après avoir été boudé longtemps !



 

Des Pentax de la grande époque

Je pense sincèrement que ces deux boitiers sont les derniers "grands" Asahi Pentax...alors même que la marque continue à vendre de bons appareils 24 x 36 autofocus et d'excellents moyens format profesionnels. Mais le MX (à gauche) et le LX (à droite) sont des boitiers qui pouvaient servir à des pros, avant le déferlement de l'autofocus, et la marque semble avoir abandonné ce créneau en 24 x 36 à partir de la fin des années 80...

Il y a un presque 25 ans, le reflex "compact" déferlait sur le marché, plus petit et léger que ceux des sixties, intégrant des automatismes, et Pentax sortait le MX pour répondre à Olympus OM1...et à la mode. Semi automatique, maniable, léger, fiable (sauf les ressorts d'obturateur si l'appareil a beaucoup mitraillé) le MX a pour lui une douceur de fonctionnement et un look inimitable. Dommage cependant que certaines optiques "compactes", tel ce 28, aient perdu en qualité en même temps qu'en poids...par rapport aux Pentax "à vis" qui avaient fait la haute réputation de la marque ! Sur le plan des optiques, la marque a redressé la barre depuis...sur le plan construction des boitiers...par contre...on peut hésiter devant des appareils ultra légers en plastique. J'ai trouvé ce MX presque neuf il y a deux ans, pour 120 euros avec le classique 50 mm de 1.7.

Le LX par contre est un boitier pro pur et dur, automatique, obturateur titane, viseur interchangeable...entré en production en 1980 et encore fabriqué en ...2000, pour les derniers exemplaires. Son automatisme sans mémorisation a été critiqué, mais il était un des premiers Pentax TTL au flash. Sa douceur de fonctionnement, sa précision, et sa fiabilité générale font l'unanimité. Par contre, il est délicat d'en trouver un beau...pas trop cher. C'est néanmoins le cas de ce dernier, qui a été révisé en atelier officiel cette année. Compter entre 300 et 500 euros selon état , viseur, voire optique...

En matière d'optiques, justement, ces Pentax utilisent non seulement les "montures K" de la fin des seventies, mais aussi les derniers modèles autofocus, dont les luxueuses séries limitées (31, 43 et 77 mm à grande ouverture) et les ultra lumineux comme le 85 de 1.4 qui font merveille dans le grand viseur précis du LX ! Très nettement plus merveille, même, que sur un actuel boitier de base made in "great Asia" en plastique et à petit viseur... et un LX, pour une utiisation en mise au point manuelle, est nettement plus efficace que le magnifique (et cher) haut de gamme actuel Mzs.
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  

Nikon le retour des Ais...

En 2001 Nikon a créé la surprise avec la sortie du "FM3a" boitier manuel, automatique, en métal...adapté parfaitement aux optiques sorties depuis 1977 en séries "Ai" et "Ais". Ces objectifs sont toujours pour la plupart disponibles en neuf...mais le marché d'occasion "expert" permet de les trouver facilement, leur cote reste élevée mais leur qualité est indiscutée dans la plupart des focales. 

Certes, ces Ais se montent sur les boitiers pros Nikon les plus récents...mais les utiliser ...comme autrefois...sur les appareils d'il y a 20 ans est tentant, d'autant qu'on en trouve de plus en plus en bon état ...beaucoup de Nikonistes experts passent au numérique. 

Moi aussi, d'ailleurs (les clichés de cette rubrique ont été pris au Nikon D1, AFS 24-85, flash SB80dx)...mais j'adore aussi utiliser les ...ancêtres !
 
 

Ci-dessus figurent le moins cher (à gauche) et le plus cher (à droite) des Nikon à mise au point manuelle du début des années 80. Chacun a marqué l'histoire de la marque...

Le Nikon EM est le premier automatique Nikon sans vitesses manuelles, le premier partiellent en matières synthétiques, et le premier dessiné par Guigaro...Doté d'un obturateur Seiko donnnant les vitesses en automatique jusqu'à 1/1000 ème de seconde, il avait pour vocation d'être un produit de conquêtes des amateurs...non experts. Il est présenté avec son optique "série économique" d'origine, un 1.8 de 50 au piqué très élevé ! Il a été trouvé en brocante "de village", pour le prix (justifié vu l'état quasi neuf) de 80 euros.

A droite le sommet technologique de la marque en 1983, le FA avec son moteur dédié 3 images seconde...obturateur titane au 1/4000 ème de seconde, TTL au flash, multi programme cyberné - l'obturateur corrige les éventuelles erreurs de fermeture du diaph - et surtout premier boitier à mesure "matricielle" au monde. Un "monstre" léger et maniable qui a souffert d'une grende complexité de fabrication laissant craindre aux pros une fiabilité incertaine. Résutat, le FM2, même chassis et obtu de base, mais simple semi-automatique, a survécu presque 20 ans, le FA a été vite oublié et remplacé à la fin des années 80 par les nouveaux autofocus...bien moins performants à leur sortie notamment en mesure de lumière sur les optiques Ais.

Encore plus fort: dans toute la gamme Nikon, seuls le FA et le pro F4 (1988) permettent la mesure matricielle avec les optiques manuelles Ais...alors que c'est la règle pour tous les AF, AFD, AFS, etc...parce que la reconnaissance des particularités de chaque optique se fait de façon électronique sur les optiques autofocus postérieures à 1987, et électro mécanique (cames, capteurs, ressorts...) sur le FA et le F4.

Cet exemplaire, un peu fatigué côté mécanique, est présenté avec l'optique de base Ais 50 de 1.8, mais il est parfaitement "nickel" question exposition en mode programme, "cybernation" oblige. On peut espérer faire une telle acquisition autour de 300 euros. Mais il arrive d'en trouver des moins beaux...plus cher !


 


 
 

Optiques de légende
 
Je terminerai les "coups de coeur" de Noël par une notation particulière...Certains "fans" ne démordent pas sur le fait que l'optique de base (en général, dans les sixties et seventies, un 50 mm) de l'appareil de leur jeunesse était un sommet de qualité par rapport aux zooms grand public actuels. Et, le plus souvent, c'est vrai sur le plan du "piqué pur"!

Mais de là à penser que leur 50 de modèle hélas disparu ridiculise d'actuels 50...de marques ayant survécu sur le créneau 24 x 36 reflex "de classe"...il y a un pas ...qui n'empêche pas de craquer pour de beaux "caillloux" !

Ci-dessus, montés sur les boitiers "de base" de chaque marque, deux légendes de la fin des seventies:

- le Rollei Planar (formule Carl Zeiss sous licence) donné pour le plus piqué des 50 toutes marques confondues dans les tests "Modern Photography" de l'époque...Malheureusement, les boitiers étaient très fragiles, l'exemplaire "made in Singapour" figurant à gauche ayant perdu ses automatismes...mais n'ayant heureusement côuté que ...10 euros dans une brocante.

- l'Olympus Zuiko 50 mm de 1.4 est aussi considéré par de nombreux experts de l'époque comme "une pure merveille"...et il est vrai que le "gigantesque" viseur de l'OM1 - image très grande compte tenu de la ptrès petite taille du boitier - lui fait honneur. L'assemblage est revenu dans ce dernier cas à 200 euros, ce qui équilibre ...le prix du Rollei ! La douceur et la discrétion du boitier, très silencieux, la luminosité de l'ensemble, en font un choix tout a fait conseillé encore aujourd'hui  pour se subsituer à un ...Leica...en photo discrète en faible lumière. Le classique Zuiko 1.8 de 50 est de toute façon une valeur sûre...

Le  calcul de performances en se reportant aux mesures de la presse de l'époque met ces deux optiques au plus haut niveau, le Planar étant donné pour une résolution de ...156 paires de lignes au millimètre à f 4 et 5.6...le Zuiko 1.4 ayant été mesuré à 112 paires de lignes dès ...f 2 ! 

Nous ne manquerons donc pas - dès le premier rayon de soleil de cette fin d'année - de vérifier ces dires en les confrontant sur Provia 100F à nos optiques "de référence" pour les tests Pictchallenge en matière de finesse ...soit le trio de Nikkor 1,4, 1.8 et 2, respectivement  F, Ais et Ai, et le Leica M Summicron 50 de 2 old formule, peu contrasté mais d'une finesse exceptionnelle.

En tout état de cause, autant un OM1 et un Zuiko de base (le 50 1.8 offre naturellement le meilleur rapport qualité prix) est conseillé sans réserve encore aujourd'hui, autant un Rolleiflex des seventies est hautement anecdotique ! Mais la formule d'origine "Planar" survit sur les Kyocera Contax 24 x 36. Bientôt en coup de coeur ...

copyright  pictchallenge.com


VOTRE CADEAU DE NOEL !
 

Pour tout savoir sur l'histoire de la photo...ou presque!

Lionel Gérard Colbère, journaliste technique spécialisé en photo depuis plus de 30 ans, est désormais notre correspondant Pictchallenge pour les nouveautés. Son compte rendu Kina 2002 est remarquable ! Il collabore aussi régulièrement à notre partenaire Photo-Sphere, et à de nombreuses publications et journaux professionnels.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont ce "must" de ce bel ouvrage, qui, en 224 pages retrace l'histoire des appareils photographiques, de l'invention du film souple (1888) à l'expansion du numérique, en expliquant le pourquoi et le comment de 350 modèles, minutieusement décrits, et leurs relations évolutives.

Son livre, produit en partenariat avec le Musée Français de la Photographie, est unique en langue française.


 

Il est passionant non seulement pour les collectionneurs mais aussi pour tous ceux qui s'intéressent à l'aventure technique et à celle des hommes qui en ont été les porteurs. Il s'avère néanmoins d'une lecture aisée et agréable pour tous publics.

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