Technique photo

 Argentique // Numérique
_________

Résolution et piqué ?
 
 

Prise de vue numérique - Nikon D200







Bien que nous ayons publié plusieurs années des "doubles tests" argentique et numérique qui montraient que - même avec les 6 millions de pixels des hauts de gamme d'il y a quatre ans - le numérique présentait une netteté apparente plus élevée dans toutes les conditions usuelles de tirage (du format A4 au format A3) de nombreux photographes continuent à se poser  des questions théoriques à cet égard: le film 24 x 36, scanné à 4000 dpi équivaut à 22 millions de pixels, comment se fait-il que - depuis la sortie en 2002 du Canon Eos 1ds de 11 millions de pixels seulement - beaucoup d'observateurs disent que le numérique lui est devenu supérieur ?

Les nouveaux films - et notamment les diapositives Fuji extra fines Provia 100F ou Velvia 100F - ne remettent-ils pas en cause les essais d'autrefois ? Le numérique n'a-t-il pas somme toute une netteté artificielle, au détriment de la finesse des vrais détais que l'on trouverait sur un film à grain très fin. Parfois, des arguments théoriques sont évoqués: un film scanné à 160 pixels par millimètre (4000 dpi) présente un pouvoir séparateur théorique de 80 paires de lignes par mm...or les optiques "de course" pourraient séparer 120 paires de lignes. Par contre, "ramené à du 24 x 36" (*), le pouvoir séparateur du numérique ne  dépasserait guère 55 paires de ligne...d'où le fait que les "marketteurs du numérique" sont toujours soupçonnés d'embellir la situation.

C'est pourquoi j'ai mené quelques nouveaux essais avec des films diapositifs de différentes générations, et avec des numériques récents. Voici les données chiffrées de la première comparaison.

Pour disposer du même cadrage et du même pouvoir séparateut théorique, ont été utilisés des zooms Nikon de telle façon que le cadrage obtenu à 70 mm avec le Nikon D200 de format "APS" soit, à même distance du sujet, équivalent avec une focale de 105 mm utilisée avec un boîtier Nikon F6 chargé de Fuji Velvia 100F. A sa résolution maximale, la diapositive présentera un pouvoir séparateur de 80 paires de lignes au mm. Cela tombe bien, c'est également - sur une surface moindre, donc avec moins de pixels au total sur l'image, CQFD - le pouvoir séparateur du capteur du Nikon D200 ( 82 cycles /mm exactement). En théorie des optiques de classe équivalente devraient donner un piqué identique, avec un avantage à la diapositive qui est de plus grande surface. Mais s'agissant d'une comparaison dans des conditions "amateur" les plus courantes...on a laissé le malheureux boîtier numérique en JPG ! On se place dans la situation la plus défavorable au numérique, même si je sais que le JPG du D200 est très fin.

Le premier essai a consisté à "brimer" le film, c'est à dire à le scanner avec une résolution apte à donner un tirage A3 sans difficulté en l'occurence on a choisi une largeur de scan équivalente aux 3872 pixels de largeur d'un cliché de D200. Le détails doivent donc avoir la même dimension, puisque le cadrage est compensé par le changement de focale.

Dans le deuxième essai, on a laissé le film "s'exprimer" à sa résolution maximale. On a "dopé" le ficher du numérique en le redimensionnant à la taille exacte du scan argentique. Aucune retouche d'accentuation n'a été effectuée. De plus, le numérique n'est pas vu "sous son meilleur jour"...car l'auteur de ces lignes conseille à longueur d'année d'utiliser le format RAW pour les clichés devant être interpolés. De ce fait, on voit sur le fichier interpolé de petites traces d'accentuation qui découlent du réglage d'origine du boîtier (netteté normale). En RAW, la bonne méthode consiste à désactiver - où à diminuer - la netteté avant le redimensionnement, puis à la rétablir pour que l'accentuation soit quasi imperceptible à la taille finale. Malgré tout, la comparaison restera  instructive, je pense !

Un troisième essai a été conduit avec une procédure différente
 
 

JMS
11/2006


 (*): le journal "Le photographe" utilise cette notation "ramenée en 24 x 36" ce qui est particulièrement difficile à comprendre: un fichier numérique n'a plus de dimension physique, sa résolution se dénombre en millions de pixels, que le capteur qui reçoit l'image soit 24 x 36, APS, ou compact. A distance égale du sujet, seule la focale réelle change pour donner le même cadrage.


ESSAI 1
 
 


 
 

Partie 100% d'une image d'une définition de 10 millions de pixels :

Ci-dessus diapositive Fuji Velvia 100 F scannée avec une largeur identique
au fichier JPG d'origine d'un Nikon D200, ci-dessous.
 











 

ESSAI 2
 
 
 
 

Cependant, en restant dans les gammes de matériel amateur, il est possible d'utiliser un scanner de film offrant une résolution équivalente à près de 22 millions de pixels (4000 dpi): ce système aligne 160 pixels par millimètre de film scanné, le fichier plein format 24 x 36 est d'environ 5700 x 3900 pixels ! Quand on scanne une diapo, cependant, il faut tenir compte du cache et des légères irrégularités du bord de ce cache. En fait, la surface scannée descend à 19 millions de pixels (5300 x 3550) et le beau "full frame" 24 x 36 fait au mieux 22 x 32 ! Il faut scanner l'argentique sans cache et avec le plus grand soin pour récupérer les précieuses informations de bord. Ceci explique souvent, par ailleurs, pourquoi des dégradations dans les angles qui choquent les numéristes équipés de capteurs 24 x 36 pouvaient être inaperçues en argentique...les défauts pouvaient être sous le cadre de la dia.

Mais avec le double de pixels d'un Nikon D200, la dia va-t-elle devenir vraiment plus détaillée ? Pour le savoir nous avons scanné la même vue à la définition maximale (le fichier fait 5296 x 3533 pixels) et nous avons interpolé le JPG d'origine présenté ci-dessus exactement à la même dimension. C'est la seule opération qu'a subi le fichier numérique...aucune accentuation supplémentaire n'a été opérée.
 
 



 

Ci dessus diapo scannée à la résolution maximale de 4000 dpi soit un fichier de 5296 pixels x 3533
(18 Mpix, en tendant compte du cadre diapo et de ses bords)
et ci-dessous fichier JPG d'origine de D200 interpolé à la même taille sans accentuation aucune.
 


 



 
 
 
 
 
 
 
 


ESSAI 3
 
 


Prise de vue argentique. Leica M6



 
 


 
 
 
 
 


 
 
 
 


 
 
 


 
 


 
 
 


 
 
 
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



 

retour à l'index technique pratique
 

retour à l'index général
 
 
 

Vous trouverez des conseils liés au numérique dans le
livre de JMS et des correspondants PICTCHALLENGE
 
 


 


PICTCHALLENGE est un site créé par Jean-Marie SEPULCHRE
copyright www.pictchallenge.com