ESSAIS NUMERIQUE


 

méthode d'essai
avec la mire et le logiciel DXO Analyzer












 
 



 

texte et illustrations JMS



 
 


Objectifs pour les  numériques

Le piqué mesuré avec le boîtier D 200

partie 2
 

 De 45 mm à 58 mm

Des Ais aux zooms DX...











 
 
 

La sortie d'un nouveau boîtier Nikon destiné aux amateurs experts voire aux pros ne pouvait que m'inciter à reprendre une campagne d'essais sous DXO Analyzer, après les premiers résultats publiés en 2004. A  l'époque  j'échangeais des idées et analyses avec René Bouillot (voir le chapitre 2 du "Cours de traitement numérique de l'image", éditions Dunod) et  "Chasseur d'Images "  avait défrayé la chronique en adoptant ce nouveau système d'analyse du piqué subjectif des couples optiques - boîtiers.

Aujourd'hui DXO Analyzer est utilisé en tout ou partie par toute la presse photographique française, mais les données synthétiques globales publiées apparaissent parfois un peu frustrantes pour les photographes "accros" de la technique. C'est en pensant à de nombreuses questions tant théoriques ("peut-on tout chiffrer par ce système d'analyse?") que pratiques ("une optique bien notée sur 4 millions de pixels est elle bonne sur 10 millions de pixels?")  posées par mes correspondants ou dans les forums que j'ai entrepris cette nouvelle campagne de mesures.

Par rapport aux anciennes fiches de Pictchallenge, ces nouvelles mesures s'appliquent sur 4 zones au lieu de 2 ou 3. La notation a été revue pour s'aligner sur des normes plus courantes (de 0.5...un zero pointé symbolique, en fait....à 5) et  la cartographie des point de mesure, sous forme de symboles en face d'une échelle de valeur en couleur, (de nul à excellent) est complétée d'un tableau avec une charte de couleur qui permet de visualiser immédiatemment les zones (vert intense et vert vif) de haute qualité, en fonction du diaph et de la position dans l'image !

Les zones de mesure sont donc au nombre de quatre:



 
 
 
 
 
 
 
 

Le centre de l'image fait l'objet d'une mesure unique. C'est là qu'est effectuée la mise au point de référence pour chaque prise de vue, avec le système autofocus de l'appareil (assistance électronique pour les optiques manuelles). Le moindre décalage du système dégrade fortement la note à pleine ouverture. On verra que certaines optiques notamment des zooms DX "special numérique" parviennent à une note de piqué "excellent" dès leur pleine ouverture, puis le piqué décline à partir de f/8 voire de f/5.6 !  Alors que tous les auteurs recommandent aux photographes de ne pas cadrer "dans la pastille" (c'est à dire au centre) et au contraire de s'appuyer sur les lignes "des tiers" (qui divisent  l'image en neuf zones)  pour construire leur composition (notamment en reportage), il existe peu d'indications dans la presse sur le piqué dans ces zones. La note "tiers" des tableaux et graphiques est pour moi la plus importante pour toutes les vues où le sujet principal est dans ces zones et où le fond (donc les bords et les angles) sont dans le flou. 
La note de piqué "sur les bords" fait une moyenne entre une zone assez favorable (en haut et en bas du centre) et une zone plus délicate  proche des angles à droite et à gauche de l'image. Une mauvaise note de "bords" est généralement causée par la dégradation de cette zone par de mauvaises notes proches de celles des angles extrèmes. Ce défaut est gênant en paysage, et on aura intérêt à choisir une valeur de diaphragme de zone de couleur homogène entre centre, tiers et bords (si possible très bon ou excellent !) pour éviter toute déconvenue (photos architecturales avec détails, par exemple).  La mesure dans les angles est la plus sévère notamment pour les optiques à haute luminosité et pour les zooms grand angle. La concentration de certains défauts dans les angles...points les plus éloignés du centre dans le cercle de couverture de l'optique (vignetage, aberration chromatique) a des effets destructeurs cumulatifs sur l'impression de piqué. En pratique cependant une mauvaise note dans les angles a pleine ouverture a peu d'incidence car ces zones de l'image sont généralement dans le flou d'arrière plan. Par contre une note qui reste faible en fermant le diaphragme (paysage) est un motif pour mal noter l'optique dans son ensemble. 

La procédure de mise au point est la suivante: avec le D200 je travaille en "capteurs groupés" et je commence au centre pour que la mise au point s'effectue sur le capteur central. Puis je vérifie avec les autres groupes. Ensuite, une fois la mise au point "mémorisée" je débraye l'AF et je vérifie que le point vert s'allume sur chacun des onze capteurs. A défaut je retouche légèrement la mise au point, dans ce cas j'indique "manuel" sur la fiche, comme pour les optiques 100% manuelles pour lesquelles le verre à stignomètre "Kats Eyses" est aussi d'un grand secours.

Quelques précisions supplémentaires peuvent être données pour la compréhension de nos fiches.
 

    - les mesures sont faites à partir de fichiers JPG Fine à 100 ISO pour le Nikon D200, netteté et contraste normal. Nous avons publié auusi  titre de comparaison d'une part des mesures à partir de RAW, selon différents logiciels de développement (voir le sommaire numérique) d'autre part des mesures avant et après optimisation par DXO Optics Pro ;

    - si les symboles (centre, tiers, etc) sont illisibles car superposés l'un sur l'autre, c'est un très bon signe pour la qualité globale (homogénéité du piqué)...sous réserve qu'ils soient superposés dans uen zone...verte ;

    - les notes et zones de couleur souffrent comme toute statistique de l'effet de seuil. Par exemple, une mesure "excellent" de 4,51 n'est pas extraordinaire par rapport à un grade "très bon" de 4,49 (voir l'exemple avec le 105 mm 2.5) ! Mais il faut bien fixer des zones de transition. La lecture des chiffres apporte un élément complémentaire de compréhension des notes globales. A contrario, la limite entre "mauvais" et "nul" est plus artificielle. Ces zones sont peu exploitables en pratique même pour une image de petite dimension ;

    - les notes de base sont pondérées en fonction du nombre de pixels pour un format de sortie donné, ici le format A3+ sans marge. Une même mesure brute donnerait une note un peu meilleure avec un boitier de 12 ou 13 millions de pixles. Par contre un boitier de 6 millions de pixels sera comme par le passé jugé sur la base d'un A3 avec marge. Le format de sortie auquel se réfère la note est toujours indiqué en haut à droite de la fiche.

    - les notes globales  à gauche de la carte des couleurs ( de 1 à 5) sont données par usage d'application. - reportage, portrait, paysage - en fonction de la répartition des zones de piqué. Ainsi une optique qui ne presente pas de zone homogène du centre aux bords ne pourra obtenir la note maximale en paysage. Par contre, si la netteté est très élevée au centre et sur les lignes de tiers elle pourra "crever le plafond" en catégorie reportage ;

    - les "plus" globaux (les "+" de Pictchallenge) tiennent compte de la catégorie de l'optique. Par exemple, une optique ouverte à f/1.8 pourrait obtenir une note de "5+" .au vu de notes de piqué exceptionnel de f/4 à f/11, si...sa pleine ouverture était à f/4 ! Mais l'acquéreur qui paye une optique haute lumlnosité a besoin d'un piqué correct à pleine ouverture au centre et tiers...nous en tenons compte pour l'attribution ou non des 4 '+' pour cette catégorie, jai noté "+++" certains objectifs de 50 mm qui sont pourtant excellents entre f/2.8 et f/8, mais qui restent trop mous pour les 10 millions de pixels du D200 autour de f/2 !  ;

- on peut observer que dans cette catégorie d'optiques le piqué peut changer beaucoup avec 1/2 diaph de réglage ! Les optiques ouvertes à f/1.4 qui "piquent" à f/2 sont parfois préférables aux optiques ouvertes à f/2 qui attendent f/2.8 pour "arracher"...et qui seront confrontées au zoom pro 17-55 mm f/2.8 dont une caractéristique intéressante est justement d'offiir de bonnes notes au centre et tiers dès la pleine ouverture ;

- j'ai noté les zooms focale par focale, ce qui permet de les comparer aux optiques fixes. Ces dernières sont souvent plus lumineuses, mais pas toujours...et nos prochaines mesures qui porteront sur de grands angles fixes ouverts à f/2.8 seront instructives à cet égard en comparaison des zooms pros dédiés au numérique.
 

Nos mesures seront prochainement complétées dans ces pages par des cartographies de distorsion et d'aberration chromatique. Cette dernière mesure fait l'objet d'études complémentaires, En effet j'ai constaté qu'avec certains objectifs elle diminue en fermant le diaph, et qu'avec d'autres elle augmente dans ces conditions ! Or la plupart des journaux ne donnent la mesure qu'en général, et non pour chaque grade du diaphragme. Nous reviendrons donc sur ce problème épineux après approfondissement.
 
 

JMS
2 avril 2006
mise à jour 28-10-2006

 
 
 
 
Plus la zone bleue est étendue, plus l'optique est "propre" et exempte d'aberration chromatique. Une zone jaune ou surtout rouge est au contraire un très mauvais signe. A gauche, l'aberration chromatique est stable quelque soit le diaph choisi. Au centre elle augmente en fermant le diaph. A droite, elle diminue en fermant le diaph. Une mesure moyenne à f/5.6 est souvent représentative d'une qualité moyenne de l'optique, mais est-elle suffisante ?


Fiches résultats "piqué" D200
 

partie 2
 

 De 45 mm à 58 mm



 
 

45 mm







L'extra-plat ("pancake") 45 mm f/2.8 AIP  présente la particularité d'être pourvu d'une mise au point manuelle mais aussi d'une puce permettant le contrôle électronique du diaphragme. Hélas il est tellement compact que la mise au point, assurée par une bague minuscule, est parfois malaisée sur un gros boîtier avec grip ! Ses résultats sont un peu décevants à f/2.8 et f/4 pour une optique de formule simple (type "Tessar") et jamais les angles ne sont excellents alors qu'il couvre le format 24 x 36. A comparer au vieux 50 mm f/2 Ai que l'on trouve en occasion à prix d'ami.
 
 


50 mm
 







A 50 mm le 18-70 donne des résultats exceptionnels de régularité. Il ne faut pas oublier cependant que on ouverture n'est plus que de f/4.5 et que tous les 50 fixes de haute luminosité font mieux que lui à partir de f/2.8. Le 18-200 VR est meilleur aux diaphs moyens (de f/5.6 à f/11) mais comme à 35 mm plus faible dans les angles extrèmes à f/4.5 et f/5.6.
 
 


 
 
 
 
 







Cinq modèles de 50 mm fixes ont été testés, trois manuels anciens (f/2, f/1.8 et f/1.4) et les deux AFD  (f/1.8 et f/1.4). Tous sont de qualité équivalente, c'est à dire excellente, entre f/2.8 et f/11. Mais aux grandes ouvertures, "l'habit ne fait pas le moine" ! On a beau leur reprocher une construction trop légère par rapport aux anciens bijoux métal à mise au point manuelle, les deux AFD sont meilleurs aux grandes ouvertures.

Le meilleur est l'AFD de f/1.4, déjà bon au centre dès f/1.4 il est excellent en reportage dès le diaph de f/2, alors que tous les autres atteignent leur meilleur niveau de piqué dans ces conditions à f/2.8. A f/2 le plus homogèen est cependant l'ancien Ai  (reconversion du célèbre Nikkor-H) mais il a un rendu plus doux (moins de contraste, de "pêche") que l'AFD de f/1.4 au même grade.
 
 


 
 


 
 



Ci-dessus et ci dessous, c'est le même objectif qui a été testé deux fois: en haut avec une mise au point à assistance électronique, en bas en essayant le verre de visée optionnel "Katz Eye" pourvu d'un stignomètre et de microprismes. Ce dernier permet une meilleure netteté à pleine ouverture. Dès que la profondeur de champ estompe les micro variations de mise au point, l'objectif présente aux valeurs moyennes des mesures comparables.
 
 


 
 
 




Ci-dessus le 50 mm AFD de f/1.4 est tout à fait le meilleur choix de tous les 50 mm, il excelle à la fois en reportage (au centre dès la pleine ouverture) et en portrait grâce à son rendu extrèmement précis mais encore assez "doux" sur les visages.
 
 




L'ancien zoom 35-70 2.8 AFD confirme sa qualité très élevée déjà entrevue à 35 mm. A 2.8, il est nettement meilleur que le 17-55, entre f/4 et f/11 son piqué est supérieur surtout dans les bords et les angles . Par contre sa maniabilité est très défectueuse (il y a une course très très courte entre 50 et 70 mm, très ennuyeuse pour un cadrage précis) lui coute les notes 5 qu'il mériterait en reportage et portrait !
 



 
 

55 mm





A 55 mm le pro 17-55 connaît une baisse de régime regrettable d'autant que le range est un peu court par rapport au modèle amateur 18-70 ! Il sera préférable de fermer à f/5.6 pour retrouver les très bons résultats en matière de piqué. Note personnelle...après  50 mm j'ai tendance à utiliser le Micro Nikkor pour couvrir 60 mm o)))
 
 





Le célèbre Micro Nikkor Ais 55 mm de f/2.8 est tout à fait fidèle à sa réputation et mériterait ses cinq "+" comme son successeur le 60 mm AFD s'il avait les mêmes performances aux petites ouvertures de f/11 et f/16 souvent utilisées en macro ou paysage. Il est donc un peu inférieur à une réputation quasi mythique !
 
 




 
 
 
 
 
 


58 mm





Le 58 mm f/1.2 Ais Noct Nikkor asphérique est non seulement très rare, mais il est également très cher et jouit d'une réputation mythique pour la photo de nuit. Il est parfois confondu avec les 50 et 55 mm de même ouverture, mais on ne peut plus les confondre quand on les prend en mains ! Aux grandes ouvertures, il a un piqué exceptionnel au centre (meilleur à f/1.2 que le 50 AFD  à f/1.4 mais il fautdra visser à f/2.8 pour avoir un piqué homogène et il changera de visage entre f/5.6 et f/11, devenant excellent en paysage grâce à un piqué élevé jusque dans les angles.
 
 














 
 



page suivante : de 60 mm à 210 mm
 
 
 

REPRODUCTION INTERDITE - COPYRIGHT



 
 




retour à l'index test numérique
 

retour à l'index général
 

copyright www.pictchallenge.com



 
 
 
 
 

toujours disponible le livre de JMS 
et des correspondants PICTCHALLENGE

"Tout photographier en numérique", ouvrage rédigé par Jean-Marie Sepulchre (JMS), créateur des sites "Pictchallenge", présente en une trentaine de chapitres sur près de 300 pages  et 800 photos tous les sujets courants explorés avec des appareils photographiques numériques...du compact au D2x ! De nombreux invités ou correspondants de Pictchallenge ont participé au projet en mettant en images leur sujet de prédilection. Des chapitres techniques présentent les bases du réglage et du post-traitement.Disponible dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne (Fnac, Amazon, Alapage, Chapitre...)...ainsi que directement auprès de l'éditeur. Prix conseillé : 29 euros. 

cliquez sur l'image ! 

Chez le même éditeur, vous apprécierez aussi, à destination des débutants, "Apprendre à photographier en numérique" (12 euros) et "Photographier avec son téléphone" (9,90 euros). 

 


 
Pour le prêt de matériel tous nos remerciements au magasin

La boutique Nikon 
 

191 rue de Courcelles 75017 PARIS
01 42 27 13 50