ESSAIS NUMERIQUE
méthode
d'essai
avec
la mire et le logiciel DXO Analyzer
texte et illustrations JMS
Objectifs
pour les
numériques
Le piqué mesuré avec le boîtier D 200
partie
3
De 60 mm à 210 mm
Des Ais aux zooms DX...
La sortie d'un nouveau boîtier Nikon destiné aux amateurs experts voire aux pros ne pouvait que m'inciter à reprendre une campagne d'essais sous DXO Analyzer, après les premiers résultats publiés en 2004. A l'époque j'échangeais des idées et analyses avec René Bouillot (voir le chapitre 2 du "Cours de traitement numérique de l'image", éditions Dunod) et "Chasseur d'Images " avait défrayé la chronique en adoptant ce nouveau système d'analyse du piqué subjectif des couples optiques - boîtiers.
Aujourd'hui DXO Analyzer est utilisé en tout ou partie par toute la presse photographique française, mais les données synthétiques globales publiées apparaissent parfois un peu frustrantes pour les photographes "accros" de la technique. C'est en pensant à de nombreuses questions tant théoriques ("peut-on tout chiffrer par ce système d'analyse?") que pratiques ("une optique bien notée sur 4 millions de pixels est elle bonne sur 10 millions de pixels?") posées par mes correspondants ou dans les forums que j'ai entrepris cette nouvelle campagne de mesures.
Par rapport aux anciennes fiches de Pictchallenge, ces nouvelles mesures s'appliquent sur 4 zones au lieu de 2 ou 3. La notation a été revue pour s'aligner sur des normes plus courantes (de 0.5...un zero pointé symbolique, en fait....à 5) et la cartographie des point de mesure, sous forme de symboles en face d'une échelle de valeur en couleur, (de nul à excellent) est complétée d'un tableau avec une charte de couleur qui permet de visualiser immédiatemment les zones (vert intense et vert vif) de haute qualité, en fonction du diaph et de la position dans l'image !
Les zones de mesure sont donc au nombre de quatre:
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| Le centre de l'image fait l'objet d'une mesure unique. C'est là qu'est effectuée la mise au point de référence pour chaque prise de vue, avec le système autofocus de l'appareil (assistance électronique pour les optiques manuelles). Le moindre décalage du système dégrade fortement la note à pleine ouverture. On verra que certaines optiques notamment des zooms DX "special numérique" parviennent à une note de piqué "excellent" dès leur pleine ouverture, puis le piqué décline à partir de f/8 voire de f/5.6 ! | Alors que tous les auteurs recommandent aux photographes de ne pas cadrer "dans la pastille" (c'est à dire au centre) et au contraire de s'appuyer sur les lignes "des tiers" (qui divisent l'image en neuf zones) pour construire leur composition (notamment en reportage), il existe peu d'indications dans la presse sur le piqué dans ces zones. La note "tiers" des tableaux et graphiques est pour moi la plus importante pour toutes les vues où le sujet principal est dans ces zones et où le fond (donc les bords et les angles) sont dans le flou. |
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| La note de piqué "sur les bords" fait une moyenne entre une zone assez favorable (en haut et en bas du centre) et une zone plus délicate proche des angles à droite et à gauche de l'image. Une mauvaise note de "bords" est généralement causée par la dégradation de cette zone par de mauvaises notes proches de celles des angles extrèmes. Ce défaut est gênant en paysage, et on aura intérêt à choisir une valeur de diaphragme de zone de couleur homogène entre centre, tiers et bords (si possible très bon ou excellent !) pour éviter toute déconvenue (photos architecturales avec détails, par exemple). | La mesure dans les angles est la plus sévère notamment pour les optiques à haute luminosité et pour les zooms grand angle. La concentration de certains défauts dans les angles...points les plus éloignés du centre dans le cercle de couverture de l'optique (vignetage, aberration chromatique) a des effets destructeurs cumulatifs sur l'impression de piqué. En pratique cependant une mauvaise note dans les angles a pleine ouverture a peu d'incidence car ces zones de l'image sont généralement dans le flou d'arrière plan. Par contre une note qui reste faible en fermant le diaphragme (paysage) est un motif pour mal noter l'optique dans son ensemble. |
La procédure de mise au point est
la suivante: avec le D200 je travaille en "capteurs groupés" et
je commence au centre pour que la mise au point s'effectue sur le capteur
central. Puis je vérifie avec les autres groupes. Ensuite, une fois
la mise au point "mémorisée" je débraye l'AF et je
vérifie que le point vert s'allume sur chacun des onze capteurs.
A défaut je retouche légèrement la mise au point,
dans ce cas j'indique "manuel" sur la fiche, comme pour les optiques 100%
manuelles pour lesquelles le verre à stignomètre "Kats Eyses"
est aussi d'un grand secours.
Quelques précisions
supplémentaires peuvent être données pour la compréhension
de nos fiches.
- les mesures sont faites à partir de fichiers JPG Fine à 100 ISO pour le Nikon D200, netteté et contraste normal. Nous avons publié auusi titre de comparaison d'une part des mesures à partir de RAW, selon différents logiciels de développement (voir le sommaire numérique) d'autre part des mesures avant et après optimisation par DXO Optics Pro ;
- si les symboles (centre, tiers, etc) sont illisibles car superposés l'un sur l'autre, c'est un très bon signe pour la qualité globale (homogénéité du piqué)...sous réserve qu'ils soient superposés dans uen zone...verte ;
- les notes et zones de couleur souffrent comme toute statistique de l'effet de seuil. Par exemple, une mesure "excellent" de 4,51 n'est pas extraordinaire par rapport à un grade "très bon" de 4,49 (voir l'exemple avec le 105 mm 2.5) ! Mais il faut bien fixer des zones de transition. La lecture des chiffres apporte un élément complémentaire de compréhension des notes globales. A contrario, la limite entre "mauvais" et "nul" est plus artificielle. Ces zones sont peu exploitables en pratique même pour une image de petite dimension ;
- les notes de base sont pondérées en fonction du nombre de pixels pour un format de sortie donné, ici le format A3+ sans marge. Une même mesure brute donnerait une note un peu meilleure avec un boitier de 12 ou 13 millions de pixles. Par contre un boitier de 6 millions de pixels sera comme par le passé jugé sur la base d'un A3 avec marge. Le format de sortie auquel se réfère la note est toujours indiqué en haut à droite de la fiche.
- les notes globales à gauche de la carte des couleurs ( de 1 à 5) sont données par usage d'application. - reportage, portrait, paysage - en fonction de la répartition des zones de piqué. Ainsi une optique qui ne presente pas de zone homogène du centre aux bords ne pourra obtenir la note maximale en paysage. Par contre, si la netteté est très élevée au centre et sur les lignes de tiers elle pourra "crever le plafond" en catégorie reportage ;
- les "plus" globaux (les "+" de Pictchallenge) tiennent compte de la catégorie de l'optique. Par exemple, une optique ouverte à f/1.8 pourrait obtenir une note de "5+" .au vu de notes de piqué exceptionnel de f/4 à f/11, si...sa pleine ouverture était à f/4 ! Mais l'acquéreur qui paye une optique haute lumlnosité a besoin d'un piqué correct à pleine ouverture au centre et tiers...nous en tenons compte pour l'attribution ou non des 4 '+' pour cette catégorie, jai noté "+++" certains objectifs de 50 mm qui sont pourtant excellents entre f/2.8 et f/8, mais qui restent trop mous pour les 10 millions de pixels du D200 autour de f/2 ! ;
- on peut observer que dans cette catégorie d'optiques le piqué peut changer beaucoup avec 1/2 diaph de réglage ! Les optiques ouvertes à f/1.4 qui "piquent" à f/2 sont parfois préférables aux optiques ouvertes à f/2 qui attendent f/2.8 pour "arracher"...et qui seront confrontées au zoom pro 17-55 mm f/2.8 dont une caractéristique intéressante est justement d'offiir de bonnes notes au centre et tiers dès la pleine ouverture ;
- j'ai noté
les zooms focale par focale, ce qui permet de les comparer aux optiques
fixes. Ces dernières sont souvent plus lumineuses, mais pas toujours...et
nos prochaines mesures qui porteront sur de grands angles fixes ouverts
à f/2.8 seront instructives à cet égard en comparaison
des zooms pros dédiés au numérique.
Nos mesures seront
prochainement complétées dans ces pages par des cartographies
de distorsion et d'aberration chromatique. Cette dernière mesure
fait l'objet d'études complémentaires, En effet j'ai constaté
qu'avec certains objectifs elle diminue en fermant le diaph, et qu'avec
d'autres elle augmente dans ces conditions ! Or la plupart des journaux
ne donnent la mesure qu'en général, et non pour chaque grade
du diaphragme. Nous reviendrons donc sur ce problème épineux
après approfondissement.
Fiches résultats "piqué" D200
partie
2
De 60 mm à 210 mm
60 mm
Carton plein dès
la pleine ouverture pour le légendaire Micro Nikkor, qui n'est plus
"bridé" par le D200 comme il pouvait l'être par le D2h, boitier
où les mesures étaient moins en rapport avec la réputation
extraordinaire de l'optique !
70 mm

Le 35-70 2.8 AFD
accuse une très légère baisse à 2.8 à
sa plus longue focale, mais est véritablement excellent ensuite
entre f/4 et f/11 ! On notera que les notes sont très proches de
celles du légendaire Micro Nikkor de 60 mm !
A 70 mm le 18-70
DX mérite d'être fermé à f/8 pour le paysage.
Il présente un baisse de régime sérieuse dans ls angles
et on préferera le cantonner à 60 mm !

Le 18-200 VR est
meilleur que le 18-70 DX à cette focale. Certes, il est moins lumineux
...mais d'un demi-diaph seulement, et le stabilisateur permet de gagner
deux à trois vitesses sur les sujets immobiles.

On lit parfois dans
les forums internet que la qualité de nos optiques s'est dégradée...Certes,
les modèles grand public sont souvent en plastique alors que le
métal régnait en maître il y a trente ans. Cependant,
quand on mesure un ancien zoom Angénieux 70-210 f/3.5 (la marque
existe toujours et s'est spécialisée dans le "state of the
art" pour le cinéma, la télévision, la défense
et l'espace, abandonnant le créneau amateur)...on voit qu'à
la focale de 70 mm nos deux zooms grand public Nikon en petit cercle d'image
DX font aussi bien voire mieux au centre.

85
mm

Ci-dessus une des
références absolues en matière de piqué, le
Micro Nikkor 85 mm f/2.8, à bascule et décentrement. Oui,
mais...s'il atteint des sommets, tout compte fait ce n'est pas vraiment
supérieur au classique 85 mm 1.8 AFD, qui se paie même le
luxe d'être meilleur sur les bords à f/2.8...et sa maniabilité
est très contestable: l'objectif, sans autofocis et à diaph
à présélection manuelle, n'est vraiment utilisable
que sur pied avec une rotule réglagle sur les trois axes. A réserver
pour travaux macro de haute précision, en prenant son temps...la
note "reportage" impliquant de travailler en mise au point manuelle autour
de 5.6 !

Le magnifique 85
mm Ais f /1.4 est déjà bon au centre à pleine ouverture
et devient très bon à f/2. A f/2.8 et f/4 on peut tout lui
demander, il est excellent sur tout le champ. Il semble cependant plus
sensible à la diffraction que les modèles de f/1.8 quand
on ferme le diaph, on l'emploiera au mieux à f/5.6...mais jamais
à f/16 !

Deux 85 mm Nikon
sont légendaires pour leur rapport qualité prix: le modifié
Ai de f/1.8 et l'AFD de f/1.8. Le plus récent est meilleur mais
de peu. A noter ci-dessous qu'il a été mesuré à
f/2.2 car j'avais constaté sur les "tests briques" qu'il piquait
vraiment après 1/2 diaph, soit...f/2.2 ! Résultat confirmé
sur mire. Par contre "l'ancêtre" est un peu meilleur à f/1.8
au centre et zone des tiers, mais un peu moins homogène en fermant
le diaph pour le paysage et sera moins percutant à f/2.8 en reportage.
105
mm

Ci-dessus on voit
que le 18-200 VR est moins à l'aise sur les angles et les bords
à 105 mm, mais son rendement reste très bon au centre et
sur la ligne des tiers. A une telle focale, on souhaite souvent avoir des
fonds légèrement flous et se servir du diaph de f/5.6 ne
sera pas un obstacle car le fond est plus souvent dans les bords et angles
qu'en plein centre de l'image. Et au final, la situation n'est pas plus
critique qu'avec un vieil Angénieux de 70-210, qui n'est performant
qu'à f/5.6, avec une situation lui interdisant un usage raisonnable
à pleine ouverture. La précision insuffisante de mise au
point manuelle de ce zoom sur le D200 est une des explications.

Le légendaire
105 mm f/2.5 "non Ai" modifié dans les années 80 est
tout à fait conforme à sa réputation. Il manque un
peu de contraste pour atteindre les notes "excellent" mais sa finesse est
exceptionnelle en portrait et en paysage "doux" tout comme en reportage
avec des lumières dures qu'il "assouplit". A noter de meilleurs
résultats dans les angles à f/5.6 et f/8 qu'au centre...4.51
contre 4.49 ! Ce sont en réalité des résultats identiques
compte tenu de la marge d'erreur du logiciel de mesure (+- 0.05). Mais
nous n'avons modifié notre échelle pour un seul objectif
! o)))

La prise en main
du tout nouveau Micro Nikkor 105 mm f/2.8 AFS VR cause un choc...outre
le silence de la mise au point autofocus, et la rapidité de suivi
des "mouvements" d'un pétale de fleur agité par le vent en
autofocus continu, ce modèle est une véritable vitrine du
savoir faire du constructeur: verres ED, lentille nanocrystal, avec un
piqué qui approche l'excellence sur tout le champ dès la
pleine ouverture...Les performances du célébrisssime Micro
Nikkor de 60 mm sont dépassées, mais ce dernier résite
un peu mieux à la diffraction à f/16. A noter que jusqu'à
f/22 le niveau de qualité reste très élévé,
on évitera par contre f/32 !
135
mm

L'objectif autofocus
135 mm f/2 AF DC est dédié principalement au portrait du
fait de l'existence d'une fonction permettant de faire varier la profondeur
de champ plutôt en avant ou plutôt en arrière du sujet.
Mais il est aussi conseillé pour le reportage en faible lumière,
par exemple en concert. Il est très homogène, mais on hésitera
à rester à la plus grande ouverture de f/2 qui donne une
image trop douce pour le reportage, par exemple. A partir de f/2.8 il est
très bon puis excellent à f/5.6, ...oui mais : on verra ci-dessus
que le 105 VR est meilleur partout, et stabilisé, donc plus apte
à photographier des sujets peu mobiles...et ci-dessous on constate
que le classique zoom 80-200 AFD pique plus à la même focale,
sauf à sa pleine ouverture.
180 mm
Très bon partout
de f/2.8 à f/16, avec une note excellent dans les angles à
f/5.6 (comme pour le 105 modifié Ai présenté plus
haut, nous sommes dans la marge d'erreur de 5% de mesure du logiciel, entre
4.45 et 4.50 !), un piqué au centre et dans la ligne des tiers uniforme
de f/2.8 à f/8, c'est l'objectif dont seule la profondeur de champ
bouge quand on ferme le diaph.

Si l'on assemble le Micro Nikkor 105 mm f/2.8 AFS VR au téléconvertisseur TC17E, on obtient un 180 mm ouvert à f/4.8. Pas la panacée à pleine ouverture, certes...mais à f/5.6 il est assez universel et en macro les rapports de grandissement deviennent redoutables. Le stabilisateur reste fonctionnel mais l'autofocus doit souvent être aidé pour démarrer, en calant une mise au point manuelle approximative avant de peaufiner avec la touche "AF-on".
Par contre l'usage
du convertisseur implique une baisse réelle de piqué, et
il sera plutôt conseillé de travailler "tranquillement" entre
f/8 et f/11 avec un tel équipage qui n'atteint plus jamais le niveau
excellent qui était la règle quasi hégémonique
du 105 VR utilisé seul !
200 mm
Vaut-il mieux une optique "state of the art" rallongée avec un téléconvertisseur ou un ambitieux zoom grand public à fond de range ?
Finalement....le
niveau est proche, la focale fixe "dopée" restant meilleure sur
les angles et bords. Pour des détails urbains le zoom sera pleinement
efficace à f/8 ou f/11...à pleine ouverture de f 5.6 il vaut
mieux se cantonner en zone centrale pour shooter, petite restriction artistique
conseillée avec ce zoom dont la stabilisation reste très
efficace !
210 mm
Le zoom Angénieux
" f/3.5 constant" ciblé "amateur expert" dans les années
70 n'est plus au niveau de performances du zoom "spécial numérique
d'aujourd'hui", car sa bonne réputation ne transparaît plus
qu'au diaph de f/8 ! En tout cas le fermer d'un demi diaph permet de sauver
pas mal de chose, sans miracle toutefois.

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et des correspondants PICTCHALLENGE "Tout photographier en numérique", ouvrage rédigé par Jean-Marie Sepulchre (JMS), créateur des sites "Pictchallenge", présente en une trentaine de chapitres sur près de 300 pages et 800 photos tous les sujets courants explorés avec des appareils photographiques numériques...du compact au D2x ! De nombreux invités ou correspondants de Pictchallenge ont participé au projet en mettant en images leur sujet de prédilection. Des chapitres techniques présentent les bases du réglage et du post-traitement.Disponible dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne (Fnac, Amazon, Alapage, Chapitre...)...ainsi que directement auprès de l'éditeur. Prix conseillé : 29 euros. cliquez sur l'image ! Chez le même éditeur, vous apprécierez aussi, à destination des débutants, "Apprendre à photographier en numérique" (12 euros) et "Photographier avec son téléphone" (9,90 euros).
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