ESSAIS NUMERIQUE


 

méthode d'essai
avec la mire et le logiciel DXO Analyzer









 
 


Le piqué mesuré avec le Canon EOS 5D


 

Optiques Canon EF

Optiques Nikon et Pentax
avec bague d'adaptation
 
 

texte et illustrations JMS



 
 

Le CANON Eos 5D a pris en quelques mois la place enviable de "boîtier de référence" pour les photographes experts qui voulaient retrouver en numérique les mêmes cadrages et sensations de profondeur de champ qu'en argentique 24 x 36. Son excellent capteur de très haute résolution - près de 13 millions de pixels - , la qualité immédiatemment accessible de ses fichiers JPG, la facilité de programmer un "style d'image", lui a permis de rencontrer un grand succès.

Mais cet appareil a aussi une qualité très interessante pour le testeur: avec des bagues d'adaptation, on peut lui monter des optiques d'autres marques...notamment Nikon Ai ou 42 à vis, mais aussi Leica R. C'est donc une façon de vérifier si ces optiques sont capables de donner un bon résultat en numérique 24 x 36 ! Certes, l'ergonomie qui en résulte - mesure automatique de lumière à diaphragme fermé ! - n'est pas des plus pratiques en reportage, d'autant que malgré le très beau viseur, vaste et lumineux, du 5D, la mise au point est délicate faute d'un système d'assistance électronique compatible avec les bagues d'adaptation. Mais sur pied et sur mires, nous avons obtenus des résultats très convaincaints, voire même surprenants pour certaines optiques !

Les mesures ont été faites avec  DXO Analyzer qui est utilisé en tout ou partie par toute la presse photographique française, mais les données synthétiques globales publiées apparaissent parfois un peu frustrantes pour les photographes "accros" de la technique. C'est en pensant à de nombreuses questions tant théoriques ("peut-on tout chiffrer par ce système d'analyse?") que pratiques ("une optique bien notée sur 4 millions de pixels est elle bonne sur 10 millions de pixels?")  posées par mes correspondants ou dans les forums que j'ai entrepris ces nouvelles campagnes de mesures.

Par rapport aux anciennes fiches de Pictchallenge, ces nouvelles mesures s'appliquent sur 4 zones au lieu de 2 ou 3. La notation a été revue pour s'aligner sur des normes plus courantes (de 0.5...un zero pointé symbolique, en fait....à 5) et  la cartographie des point de mesure, sous forme de symboles en face d'une échelle de valeur en couleur, (de nul à excellent) est complétée d'un tableau avec une charte de couleur qui permet de visualiser immédiatemment les zones (vert intense et vert vif) de haute qualité, en fonction du diaph et de la position dans l'image !

Les zones de mesure sont donc au nombre de quatre:



 
 
 
 
 
 
 
 

Le centre de l'image fait l'objet d'une mesure unique. C'est là qu'est effectuée la mise au point de référence pour chaque prise de vue, avec le système autofocus de l'appareil (assistance électronique pour les optiques manuelles). Le moindre décalage du système dégrade fortement la note à pleine ouverture, notamment en mise au point manuelle.  Alors que tous les auteurs recommandent aux photographes de ne pas cadrer "dans la pastille" (c'est à dire au centre) et au contraire de s'appuyer sur les lignes "des tiers" (qui divisent  l'image en neuf zones)  pour construire leur composition (notamment en reportage), il existe peu d'indications dans la presse sur le piqué dans ces zones. La note "tiers" des tableaux et graphiques est pour moi la plus importante pour toutes les vues où le sujet principal est dans ces zones et où le fond (donc les bords et les angles) sont dans le flou. 
La note de piqué "sur les bords" fait une moyenne entre une zone assez favorable (en haut et en bas du centre) et une zone plus délicate  proche des angles à droite et à gauche de l'image. Une mauvaise note de "bords" est généralement causée par la dégradation de cette zone par de mauvaises notes proches de celles des angles extrèmes. Ce défaut est gênant en paysage, et on aura intérêt à choisir une valeur de diaphragme de zone de couleur homogène entre centre, tiers et bords (si possible très bon ou excellent !) pour éviter toute déconvenue (photos architecturales avec détails, par exemple).  La mesure dans les angles est la plus sévère notamment pour les optiques à haute luminosité et pour les zooms grand angle, surtout pour un capteur 24 x 36 ! La concentration de certains défauts dans les angles...points les plus éloignés du centre dans le cercle de couverture de l'optique (vignetage, aberration chromatique) a des effets destructeurs cumulatifs sur l'impression de piqué. En pratique cependant une mauvaise note dans les angles a pleine ouverture a peu d'incidence car ces zones de l'image sont généralement dans le flou d'arrière plan. Par contre une note qui reste faible en fermant le diaphragme (paysage) est un motif pour mal noter l'optique dans son ensemble. 

Quelques précisions supplémentaires peuvent être données pour la compréhension de nos fiches.
 

    - les mesures sont faites à partir de fichiers JPG Fine à 100 ISO pour le Canon Eos 5D, qualité "standard" ;

    - si les symboles (centre, tiers, etc) sont illisibles car superposés l'un sur l'autre, c'est un très bon signe pour la qualité globale (homogénéité du piqué)...sous réserve qu'ils soient superposés dans une zone...verte ;

    - les notes et zones de couleur souffrent comme toute statistique de l'effet de seuil. Par exemple, une mesure "excellent" de 4,51 n'est pas extraordinaire par rapport à un grade "très bon" de 4,49  ! Mais il faut bien fixer des zones de transition. La lecture des chiffres apporte un élément complémentaire de compréhension des notes globales. A contrario, la limite entre "mauvais" et "nul" est plus artificielle. Ces zones sont peu exploitables en pratique même pour une image de petite dimension ;

    - les notes de base sont pondérées en fonction du nombre de pixels pour un format de sortie donné, ici le format A3+ sans marge. Une même mesure brute donne une note meilleure avec le 5D qu'avec un D200 de 10 millions de pixels "seulement". Par contre un boitier de 6 millions de pixels sera comme par le passé jugé sur la base d'un A3 avec marge. Le format de sortie auquel se réfère la note est toujours indiqué en haut à droite de la fiche.

    - les notes globales  à gauche de la carte ds couleurs ( de 1 à 5) sont données par usage d'application. - reportage, portrait, paysage - en fonction de la répartition des zones de piqué. Ainsi une optique qui ne presente pas de zone homogène du centre aux bords ne pourra obtenir la note maximale en paysage. Par contre, si la netteté est très élevée au centre et sur les lignes de tiers elle pourra "crever le plafond" en catégorie reportage ;

    - les "plus" globaux (les "+" de Pictchallenge) tiennent compte de la catégorie de l'optique. Par exemple, une optique ouverte à f/1.8 pourrait obtenir une note de "5+" .au vu de notes de piqué exceptionnel de f/4 à f/11, si...sa pleine ouvertue était à f/4 ! Mais l'acquéreur qui paye une optique haute lumlnosité a besoin d'un piqué correct à pleine ouverture au centre et tiers...nous en tenons compte pour l'attribution ou non des 4 '+' pour cette catégorie  ;

- j'ai noté les zooms focale par focale, ce qui permet de les comparer aux optiques fixes.
 

JMS
23 juillet 2006

Un essai complémentaire du Canon Eos5D, notamment relatif aux hautes sensibilités, et avec les mesures complètes (distorsion, aberration chroma) des zooms standard est également publié sous ma plume sur un nouveau site auquel je collabore, vous pourrez le lire en suivant ce lien vers l'essai "Le monde de la photo"
 


mise à jour juillet 2007


 

Fiches résultats "piqué" EOS 5D
 

partie 1
 

 Optiques Canon de 24 à 105 mm


L'objectif "de base" du 5D est le zoom qui a été presenté au moment de la sortie du boîtier, le 24-105 stabilisé (IS, L) à ouverture constante de f/4. Cet objectif a fait l'objet de vives critiques quant à son niveau de distorsion et de vignetage, mais on verra ci-dessous qu'il est irréprochable - et même mieux ! - sur le plan du piqué. Or des logiciels - notamment DXO Optics Pro - permettent de rémédier facilement aux défauts optiques...mais ne peuvent donner du piqué à une optique "molle".

Le zoom 24-105, en matière de piqué, est "l'arme absolue" qui permet au 5D de se sortir de toutes les situations courantes. On peut regretter qu'il n'ouvre qu'à f/4, mais le bon comportement du 5D en ISO élevés et le fait qu'il soit excellent au centre dès la pleine ouverture le rend assez universel. Cependant, le classique zoom de reportage 24-70 L ouvert à f/2.8 fait mieux sur ce critère même s'il est moins universel (pas de stabilisation).
 
 

24 mm
 





Le 24 TSE à bascule et décentrement est non seulement mythique mais encore unique en photo d'architecture. Ces qualités pleines et entières à f/8 et f/11 ne doivent faire oublier un rendu sur les bords que nous avons trouvé décevant à pleine ouverture, faute peut-être à une mise au point malaisée. Aux ouvertures moyennes sont piqué - excellent dans l'absolu - semble décevant par rapport aux performances des zooms.
 
 


 

28 mm
 
 


 


"Carton plein" pour le 24-70 L pour lequel la note maxi a été "plafonnée" à 5 afin de ne pas trop dépasser le haut du graphique, c'est à dire à l'excellence absolue sur ce format de sortie.
 


35 mm
 
 
 



Piqué exceptionnel du centre jusque dans les angles pour le zoom 24-105 à 35, focale "standard" des argentistes 24 x 36. Notre norme "excellent" est bousculée, puisque les valeurs les meilleures sont au bord supérieur du graphique. Ci-dessous, le 24-70 L a été "plafonné" à 5 pour ne pas dépasser le haut du graphique. Compte tenu des marges statistiques d'erreur, le piqué des deux zooms est équivalent en pratique: note 5+ !



 

50 mm
 
 



Les zoome 24-105 et 24-70 présentent le même piqué exceptionnel qu'à 35 mm, mais à l'exception de faiblesse dans les angles jusqu'à f/2, le classique EF 50 de 1.4 présente lui aussi des performances les plus hautes jamais mesurées par Pictchallenge.
 


 


 
 

70 mm
 


 
 

La seule critique qui peut être apportée aux performances du 24-70 L au maximum de son range porte sur une légère faiblesse dans les angles à pleine ouverture. Mais logiquement, sur une vraie image, on serait dans le flou dans les angles si la mise au point a été faite quelque part sur la ligne des tiers.
 


85 mm
 
 
 

Seule une légère faiblesse dans les angles à pleine ouverture empêche le zoom de récolter une troisième note "5+"!
 
 

100 mm
 
 
 
 






Le classique et éprouvé objectif macro 100 f/2.8 est excellent à tous les diaphs et sur toutes les zones. A noter cependant que la diffraction se fait sentir à partir de f/11.
 
 


105 mm
 
 

A 105 mm, la seule faiblesse du zoom 24-105 L se manifeste par la montée de la diffraction à partir de f/11. Mais la base de piqué est si élevée que ce n'est qu'à f/16 qu'on notera une moindre qualité. C'est néanmoins à cette focale que c'est excellent zoom est le moins impressionnant.
 
 



 
 

partie 2
 

 Optiques manuelles Nikon et Pentax de 24 à 105 mm







Le Canon Eos 5D peut, comme tous les reflex de cette série, accueillir de nombreuses optiques grâce à une bague d'adaptation. Nous avons essayé quelques objectifs manuels Nikon et Pentax, forcèment en mise au point manuelle, ce qui peut inciter...compte tenu de la difficulté de la chose...à relativiser un peu les résultats aux grandes ouvertures.

Il est paradoxal de noter cependant que certains objectifs Nikon...réputés par leur constructeur lui-même peu compatibles avec un capteur numérique 24 x 36...atteignent y compris sur les bords du champ un piqué plus élévé qu'avec le D200 à petit capteur ! Ceci peut être causé par trois facteurs: une moindre exigence de résolution optique (environ 60 paires de lignes au mm sur le 5D contre 80 sur le D200), un plus grand nombre de pixels, et le rendu naturellement plus "sharp" des fichiers JPG d'origine du Canon en réglage de base.
 
 


24 mm






Le Nikon 24 Ais f/2 ne donne "rien" sur les bords à pleine ouverture avec ce grand capteur, mais il est utilisable au centre, et même excellent dès f/2.8. Il sera pleinement utilisable sur tout le champ entre f/5.6 et f/11 et s'accomodera même d'une mise au point hyperfocale.
 
 




 
 
 

35 mm

Faible sur les bords avant f/4, le célèbre "35 de 2" Nikkor, ici dans une ancienne version non multicouche, sera conforme  à sa réputation en argentique à partir de f/5.6. Il ne présente que peu de pertes par diffraction à f/16.
 
 




 

50 mm
 
 
 








Il ne semble guère raisonnable d'investir dans un 50 1.4 manuel pour le 5D compte tenu de l'excellence du 50 EF d'origine ! Le Nikon Ais de 1.4 a présenté de grandes difficultés de mise au point et souffre beaucoup sur les bords avec ce Canon. Le célèbre "Super Multi Coated Takumar" de 1973 crée par contre la surprise au centre à partir de f/2 et serait pleinement utilisable à f/2.8 !
 
 



 
 
 

85 mm
 
 
 






Le Nikon 85 mm f/1.4 ais est moins bon à pleine ouverture que lors du test avec le D200, mais paradoxalement il "éclate" plus à partir de f/2.8 et souffre moins de diffraction qu'avec les petits photosites du capteur APS de son appareil "d'origine". Le mythique "Super Takumar" 1.9 85 mm du début des seventies ne présente par contre de bonnes performances qu'à partir de f/2.8, avec un excellent niveau de piqué cependant aux ouvertures moyennes.
 
 



 

105 mm
 







Le célèbre 105 f/2.5 Nikkor, ici dans sa version "non multicouches" fera autant merveille en portrait et paysage qu'au temps de ses jeunes années argentique sur un F2 o)))
La mise au point de ce modèle au rendu assez doux sera cependant délicate en reportage !
 
 


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