Prise en mains
 

 SONY Alpha 900

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SONY a présenté le 9 septembre 2008 le vaisseau amiral (flagship) de sa gamme de reflex numériques "Alpha", et le modèle 900 se présente comme le modèle de la plus haute résolution jamais commercialisé en petit format 24 x 36: son capteur CMOS de 25,7 millions de photosites délivre des fichiers de 24,6 millions de pixels (4.032 x 6.048 pixels, soit le format 40 x 60 cm à la norme photo Kodak de 254 dpi, chaque pixel mesurant 1/10ème de mm sur le tirage). Le format A2 normalisé étant de 42 x 59,4 cm on parlera donc du premier reflex de format A2 natif sans interpolation ou diminution de résolution.
 

La très haute résolution

Si les expositions tendent vers le format A2, pour les professionnels de l'édition qui sont habitués à exiger des fichiers à 300 dpi (généralement pour que la trame d'impression ramène la résolution à la moitié, soit 150 dpi) l'Alpha 900 délivrera des images natives de 35 x 52 cm, soit plus grand que les doubles pages des magazines d'illustration les plus connus. En tirage jet d'encre 180 dpi (valeur courante sur les traceurs Epson, par exemple) on sortira des 60 x 90 cm avec marge (proche du format A1 normalisé) sans toucher plus que cela au fichier. Mais une interpolation permettra sans aucune difficulté de se caler en exposition sur le format A0 à 150 dpi (en gros 80 x 120 cm pour garder la proportion 2*3 des images). Les adeptes de la plus haute qualité sortiront (par exemple sous Photoshop) un fichier interpolé à 5.669 x 8.504 pixels pour atteindre les 180 dpi en format A0, ce qui est un "gonflage" somme toute modeste par rapport au format d'origine.

Enfin ne perdons pas de vue en regardant les exemples postés sur les sites Internet (dont Pictchallenge !) que les extraits d'image en taille réelle visualisés sur écran à 72 dpi (crop 100%) correspondent à une image de 1,42 x 2,13 m que vous pourrez scruter à 30 cm de distance. On est là dans un domaine qui fait franchir au numérique "expert" dont les hauts de gamme (Canon Eos 5D, Nikon D300 et D700, Sony Alpha 700, Pentax K20D) étaient proches de la zone 12-14 Mpix un saut vers la haute définition...encore jamais vue pour ce budget et la question qui va se poser au photographe amateur est : en ais-je bien besoin ?

On sait depuis des années qu'en théorie de la vision humaine un fichier de 6 Mpix est suffisant pour couvrir tout agrandissement dès lors que ce dernier est examiné à distance "normale" c'est à dire à la diagonale de son format. La norme photo Kodak s'appuie sur le fait qu'à 254 dpi (254 points distincts par pouce, le pouce faisant 2,54 cm ceci équivaut à 100 points au centimètre, soit 10 points au millimètre) un oeil humain dans la bonne moyenne peut distinguer un détail de 1/10 ème de millimètre entre 30 et 40 centimètres de distance, soit la distance de lecture d'un A4. Mais comme l'acuité visuelle diminue avec la distance, la théorie est qu'il suffit de voir de plus loin le tirage (par exemple à 60 cm pour un A3, ou 90 cm pour un A2) pour ne pas avoir besoin d'augmenter la résolution de beaucoup. En pratique d'ailleurs tout le monde a déjà vu de très beaux A2 sortis sur Epson 4800 avec des fichiers délivrés par les modèles pros de l'époque de sortie de l'imprimante, soit par exemple des Canon Eos Mark II de 8 millions de pixels...seulement.

Cependant la tendance à exposer en A2 se double d'une pratique fréquente et facile à observer dans n'importe quel espace d'exposition: les visiteurs se rapprochent du tirage pour scruter les détails. Dès lors seuls les appareils de haute résolution permettent de discerner les détails les plus fins alors même que le tirage le plus fin pourra apparaître à première vue...moins piqué à l'observateur de base. En effet les système d'accentuation s'appuient sur la théorie de la perception visuelle selon la distance pour créer des traits de soulignement d'au moins un pixel de large (blancs ou noirs selon les contours à faire ressortir) des détails moyens ce qui en pratique efface les plus fins détails qui pourraient figurer sur ces franges pour donner une impression de contours tranchés. Il peut dès lors arriver qu'un tirage A2 obtenu avec un appareil de 8 millions de pixels doté d'une accentuation vigoureuse apparaisse plus piqué ("croustillant" "razor sharp"...les qualificatifs ne manquent pas) que celui fourni à l'origine par un appareil à 24 millions de pixels dont les fichiers sont très peu accentués.

En pratique l'accentuation que l'on appliquera pour donner "de la pêche" au fichier le plus fin conduit à diminuer volontairement la résolution des fins détails pour souligner les détails moyens. A fortiori, si on diminue le format de sortie (par exemple un A3 à partir d'un 24 Mpix) il faudrait accentuer plus qu'à partir d'un 12 Mpix (résolution native A3) pour supprimer des détails trop fins pour apparaître sur le papier !

Ce long préambule est nécessaire pour comprendre l'intérêt d'un capteur à haute résolution mais aussi son  bon usage: l'Alpha 900 est typiquement l'appareil des fans des grands tirages d'expo, même s'il pourra aussi faire des photos de famille ou des livres photos A4 dont les images sont comprises entre A3 (double page) et A5 (deux vues horizontales par page). Mais imaginer que des photos de petit format seront plus détaillées qu'avec un 6 millions de pixels est une vue de l'esprit qui se répand hélas trop sur les forums internet.

Pour essayer de rendre accessible cette problématique, voici un exemple détaillé: ci dessous vous pouvez découvrir une image (réduite pour le web) d'un cadrage d'origine avec un 200 mm ouvert à f/5.6. Le fichier d'origine est un JPG "extrafine" en mode de prise de vue "STANDARD" à 200 ISO. Pour tester cette vue sur une machine argentique courante de minilab (en l'occurence un des modèles les plus répandus, une Fuji Frontier 370) j'ai procédé à une découpe du fichier en 2.000 x 3.000 pixels afin qu'il permette un tirage 20 x 30 à 254 dpi.
 
 

Vue d'ensemble délivrée par le boîtier

Découpage (crop) en vue de tester la résolution d'origine sur A4

Comme on pouvait s'y attendre quand on connaît ce type de tireuse argentique, un fichier neutre tel que celui-ci s'accomode très bien du rendu assez "claquant" de la Frontier en mode automatique par défaut. Certes, rien ne vaut une vue directe de l'image pour se rendre compte que l'on obtient un tirage de très belle qualité, mais un scan du tirage permettra de donner une idée de l'accentuation naturelle que procure cette tireuse argentique, même si l'exposition automatique du scanner a un peu forcé le contraste...la vérité visuelle est entre les deux exemples à l'écran !
 
 

Scan du tirage papier obtenu







Cependant, en examinant les tirages, j'ai été frappé de constater qu'à grandissement proche (examen du tirage papier avec un compte fils Nikon) certains détails vraiment présents dans le fichier sont un peu "noyés" sur le tirage. Le scan du tirage permet de montrer comment la machine a interprêté le fichier...certes, il existe d'autres machines réputées plus fines que ces tireuses très diffusée dans les points de ventes, mais l'examen d'un tirage jet d'encre donne des résultats similaires. Le même zone de l'image a été imprimée avec une Canon Pixma IP4500 mais là aussi l'examen du tirage montre que l'imprimante ne restitue pas la totalité des détails du fichier.
 
 

Crop 100% du fichier JPG d'origine
 
 

Crop 100% du scan du tirage argentique
 


 

Crop 100% du scan du tirage jet d'encre











On observe que la Frontier de notre test lisse et accentue plus l'image que la Canon Pixma, et en tout état de cause que le fichier possède des réserves qui ne sont pas exploitées totalement par ces deux machines de tirage. On n'hésitera donc pas ni à accentuer le fichier en vue d'avoir des détails moyens mieux soulignés (puisque les détails les plus fins ne passent pas sur le support papier) ni à interpoler en vue d'obtenir des tirages plus imposants... Ci-dessous le fichier interpolé par Photoshop (bicubique plus net) a été ensuite accentué en vue d'être proche de la résolution finale de l'imprimante qui serait utilisée pour un tirage de 80 x 120 cm !
 
 

Crop du fichier interpolé en 180 dpi format A0 (eq. 80 x 120 cm)









On s'aperçoit à la lecture des forums quelle perturbation entraîne la très haute résolution en reflex petit format, car l'habitué du numérique du début du reflex capteur APS (où le modèle expert était entre 6 et 8 millions de pixels, et permettait déjà de très beaux tirages A3...meilleurs techniquement que l'argentique ) qui regarde à l'écran des extraits de fichiers (le fameux crop 100% !) a du mal à se rendre compte comment il pourrait exploiter une résolution si élevée. C'est pour cette raison que nous vous proposons deux fichiers exemples - prises de vues JPG d'origine sans aucun post-traitement - pour vous permettre d'expérimenter des tirages sur le support de votre choix. Cliquez sur l'image ou sur le lien (clic droit pour une nouvelle fenêtre) et enregistrez la grande image... les fichiers font 16 mégas chacun en natif !

Attention, toute reproduction de ces images est interdite sur tout support, sauf usage personnel

Avertissement: sur un écran 72 dpi un crop 100% équivaut à une image de 1,42 x 2,13 mètre, alors qu'un fichier de 6 Mpix équivaut à une image de 0,71 x 1,06 mètre seulement !


>> alpha 900 sample 1
 
 


>> alpha 900 sample 2
 

Quelques lecteurs ont regretté que mes paysages soient trop doux...mais j'avais indiqué qu'en mode "landscape" on regagnait du sharp visuel. Les premières mesures sur mire (à suivre !) ont confirmé cette impression...aussi, pour vous faire une idée vous trouverez ci-dessous deux nouveaux samples réalisés en mode paysage sans aucun post-traitement, l'un au soleil et l'autre en contre-jour. Les JPG Fine sont par contre plus légers que l'Extrafine des sample 1 et 2...10 Mo seulement ! (mise à jour 18.09.08)
 


>> alpha 900 sample 3
 


>> alpha 900 sample 4


Une construction très haut de gamme

Le Sony Alpha 900 présente de grands atouts en qualité de construction tout en restant très traditionnnel...Sony s'inspirant d'ailleurs de certaines traditions Minolta. L'appareil reste assez compact (156,3 x 116,9 x 81,9 mm) et léger (850 g) mais il est doté d'un chassis en alliage d'aluminium et d'une coque en magnesium. La cage miroir est en polycarbonate renforcée de fibres de carbone. L'obturateur permet le 1/8000 ème de seconde et la cadence de 5 images seconde et est testé sur 100.000 déclenchements.
 
 
 


 

Coque magnesium
 

Un chassis bien garni en électronique !


 
 
 


 

L'Alpha 900 sans optique










Le look particulier du boîtier, avec un très gros prisme, n'est pas là uniquement pour évoquer les reflex de légende mais surtout pour loger un viseur aux caractéristiques exceptionnelles pour la catégorie de l'appareil. L'Alpha 900 est le seul 24 x 36 proposé aux alentours de 2.800 euros (prix public en France) à disposer d'un viseur qui couvre 100% de l'image, avec une luminosité très élevée (verre super acute matte sphérique hérité de Minolta) et un grossissement de x 0,74 avec un 50 mm réglé à l'infini. Quand on est habitué aux meilleurs viseurs des reflex APS-C, mettre l'oeil à l'oculaire d'un Alpha 900 procure un choc. L'image est très grande, très nette et très lumineuse... Sony indique que les performances (exceptionnelles) du viseur du Minolta Dynax9 sont dépassées en ce qui concerne la distorsion et l'aberration chromatique.


 

Le viseur est doté d'un très gros prisme et de verres à haute réfraction (ED)
 
 
 

Mesures effectuées par Sony sur la distorsion et l'aberration chromatique du viseur
 
 
 

Le viseur est doté d'un mécanisme d'ajustement du verre de visée en vue d'une couverture 100% bien centrée










Sony explique que ce viseur exceptionnel et la possibilité de faire des prises de vues d'essai sans enregistrement (mode preview) est un choix alternatif au mode live-view direct à partir du capteur dont sont dotés beaucoup de modèles concurrents, mais nous ne partagerons pas totalement ce point de vue: certes, la visée optique exceptionnelle dispense de toute envie de tenir l'appareil à bout de bras pour viser comme un compact ou un téléphone sur l'écran arrière... mais en paysage ou en macro sur pied pouvoir vérifier la netteté ou la profondeur de champ précise en visée écran est un atout dont est par exemple doté le Nikon D700, d'une résolution de 12 Mpix seulement et doté d'un viseur de moindre couverture et grossissement, mais très pratique à utliser sur pied en mise au point manuelle ou autofocus sur le capteur. Il nous semble donc dommage que Sony- même au prix d'un tarif un peu plus élevé - se soit priver d'un atout notamment pour le travail en studio.

Cinématique du miroir de visée.


Une ergonomie très classique
 

L'autofocus comporte 9 cibles visibles et 11 points de jonction permettant le suivi des sujets mobiles, mais sa couverture reste trop centrée à notre sens. Très réactif et très précis l'autofocus peut être configuré sur tous les collimateurs ou sur une cible au choix. Pour les mises au point délicates c'est le capteur central qui sera le plus sensible. On remarque que le verre de visée comporte deux types de repères (hélas pas luminescents) au centre pour le format APS-C et en haut en en bas pour un cadrage panoramique 16.9.

Le mode APS-C est activable avec une optique dédiée petit capteur, ou sur demande pour transformer son objectif en modèle de plus longue focale: le 70-200 mm  cadrera comme un 105-300 mm avec une résolution de 11 Mpix...format natif A3 facile à gonfler en A2 en post traitement, quand on est en reportage sportif ou en chasse photo.

Seuls les collimateurs indiqués en bleu s'affichent dans le viseur










Les paysagistes apprécieront de pouvoir installer un verre quadrillé dans leur appareil mais le viseur devient alors assez encombré de repères divers... attention à ne pas oublier quel format de prise de vue est choisi !


 
 

Verre quadrillé optionnel











En cadrage vertical, ou avec des optiques lourdes, on appréciera la poignée qui reçoit deux batteries et reprend en face arrière toutes les commandes principales du boîtier. Sa forme semble tourmentée, mais la prise en main est excellente avec un décrochement pour les doigts, les photographes dotés de "grandes paluches" apprécieront ce design ergonomique !
 
 










Doté d'une molette de commande principale avec les modes traditionnels (priorité vitesse, ouverture, programme et manuel) et d'un mode tout automatique, l'Alpha 900 peut aussi recevoir trois réglages personnels accessibles directement depuis ce sélecteur rotatif. Outres les touches de commande traditionnelles l'Alpha 900 dispose d'accès direct à certains paramètres de prise de vue sur l'écran arrière, par la touche Fn située en bas à droite de l'écran. Ce dernier est un modèle qui avec 900.000 pixels offre une vision très claire et très nette pour la visualisation des images.
 
 










Comme les modèles APS-C de la marque, et à l'image des Konica-Minolta qui ont inventé ce dispositif sur un reflex, l'Alpha 900 dispose d'un stabilisateur de vibrations de prise de vues (Steady Shot) par vibration du capteur: la réduction du bougé du photographe fonctionne donc avec toutes les optiques compatibles, avec une efficacité annoncée de 3 à 4 vitesses d'obturation par rapport à la norme (inverse de la focale pour un sujet peu mobile à moyenne distance, par exemple 1/90 pour un 85 mm). Nos premiers essais rapides montrent que le système est efficace, mais qu'il est parfois prudent d'attendre un bref instant sa stabilisation avant de déclencher, un témoin s'affiche dans le viseur pour indiquer le bon fonctionnement du système. Le mécanisme mettant en mouvement le capteur est aussi utilisé pour éliminer les poussières susceptibles de se déposer sur le filtre protecteur.


Des optiques conçues pour le numérique
 

L'Alpha 900 est compatible avec toutes les optiques autofocus Minolta et Konica-Minolta, mais dispose surtout d'une gamme rénovée conçue pour la résolution optique du capteur (84 paires de lignes au millimètre). Il faut vraiment que les objectifs soient performants, y compris sur les bords et dans les angles, pour que la qualité d'image soit à la fois très élevée et homogène. Nous publierons prochainement des essais sur mire de plusieurs objectifs, mais notre première prise en main nous a permis de vérifier le bon comportement global en pratique photographique courante (ouvertures moyennes couramment utilisées) de plusieurs de ces objectifs.

Le 24-70 mm Carl Zeiss f/2.8 doit être considéré comme le "trans-standard pro" de base de l'Alpha 900. Il pourra être complété vers les grands angles par le tout nouveau 16-35 mm Carl Zeiss f/2.8 et vers les longues focales par le Sony G 70-200 mm f/2.8. Malgré un recouvrement de focale entre les zooms grand et angle et trans-standard, ces trois optiques motorisées ultra soniques sont complémentaires et donneront des résultats très homogènes et de haut niveau.
 
 
 
 

Sony a également présenté (dans une livrée argent qui tranchent avec le loock noir ou blanc des optiques acrulles !) un nouveau zoom universel 70-400 mm f/4-5.6 à motorisation ultrasonique qui peut être l'optique de base de l'expert comme le zoom léger du professionnel. Nous avons pu faire des prises de vues sur des optiques prototypes (nous ne publierons donc pas encore les résultats !) et ces deux nouveaux modèles sont très prometteurs. Il n'en reste pas moins qu'un zoom du style 24-105 ou 24-135 de f/4 ou f/3.5-4.5 serait d'un grand apport pour les acheteurs de l'Alpha 900 désireux de photographier non seulement "léger" mais aussi pour un budget plus limité que les optiques pros. Et puis les photographes soigneux ont toujours aimé les belles optiques fixes lumineuses: avec les 35 mm f/1.4, 50 mm f/1.4, 85 mm f/1.4 et 135 mm f/1.8, la gamme mériterait d'être complétée par un 24 mm f/2 et un 180 mm de f/2.5 par exemple. On notera par ailleurs que Carl Zeiss propose dans d'autres montures d'exceptionnels Makro Planar de 50 et 100 mm ouverts à f/2 !
 
 


 
 

Gamme optique destinée à l'Alpha 900










 
 

Premières impressions...
 

La prise en main encore trop rapide de l'Alpha 900 m'a fait une excellente impression, dans l'attente de test approfondi qui sera publié prochainement...et d'un livre destiné à tirer le meilleur de cet appareil, à paraître en fin d'automne chez Dunod ! Pour ces occasions seront réalisées de nombreuses mesures sur mire et tests de terrain.

Dans l'immédiat, j'ai joué aux candides en essayant l'appareil en JPG, dynamique automatique activée, en mode standard et paysage. En mesure "nid d'abeille 40 segments" il est vraiment très rare de s'inquiéter pour une haute lumière grillée, mais l'appareil a parfois tendance à être trop prudent s'il y a une lumière vive dans le champ. En paysage on peut choisir le mode dédié qui renforce la saturation et la netteté, ou préférer la douceur du mode standard en donnant un effet "diapo" avec une correction de -0.3 IL. Les portraits sont très doux et fins, surtout avec les optiques à haute luminosité.

L'Alpha 900 permet est de sensibilité native 200-3200 ISO mais permet d'outrepasser ces limites à 100 ISO (moindre dynamique) et 6.400 ISO (bruit excessif pour le format A2, à réserver au reportage à publier pour le petit format). J'ai fait quelques essais à différentes sensibilités, mais ils ne sont pas définitifs, d'autant qu'il faut que j'essaie les différentes positions d'anti-bruit sur une nature morte de référence, et que je compare les résultats en JPG et en RAW.

En pratique jusqu'à 800 ISO le bruit n'est pas gênant, même si on peut en déceler des traces dans les ombres à 800 ISO. A 1.600 ISO il vaut mieux activer la réduction du bruit qui présente des dérives chromatiques dans les zones grises sous mauvaise lumière. La position 3.200 ISO faît apparaître une granulation bien visible et il est conseillé de ne plus dépasser le format A3 dans ces conditions, mais ce bruit a un aspect qui peut rappeller l'argentique ...de 400 ISO. Evidemment en A4 les résultats seront excellents car la taille du grain devient quasi imperceptible à l'oeil, c'est un avantage des très hautes résolutions quand on les utilise pour des tirages de plus petite taille, le bruit numérique que l'on voyait à l'écran apparaît quasiment imperceptible. Par contre je reste plus réservé sur les résultats à 6400 ISO en attente de tests plus poussés, le grain devient trop grossier en JPG sans avoir l'acutance qui recréerait une impression de piqué élevé.

Globalement, la faible accentuation native des JPG a tendance a fournir des images dont les transitions net/flou sont très progressives d'où une impression de modelé proche du moyen format argentique à grain fin, ce qui est une qualité car redonner du peps par l'accentuation est facile alors qu'adoucir un JPG trop dur est malaisé car l'inscription dans le fichier des traits d'accentuation est irréversible. Nos prochains essais auront pour but de tester les hauts ISO, le rendement en RAW et les options de post-traitement...
 

85 mm f/5.6
 
 

85 mm f/5.6


70 mm f/5.6


 

35 mm f/5.6
 
 

85 mm f/5.6



 
 
 
 
 
 
 

85 mm f/5


 

85 mm f/5



 
 

14 septembre 2008

Premier bilan ...

Livre prévu pour 2008

Plus d'un mois s'est écoulé depuis ce premier article, et dans l'intervalle, en vue de la préparation de mon prochain livre qui sera disponible en fin d'année chez Dunod, j'ai eu l'occasion de faire des centaines d'images dans des conditions très variées (grand merci à SONY France).

Pour être très rapide, voici ce que je peux conclure :

- en petit format, le Sony Alpha 900 est vraiment l'arme absolue pour le photographe habitué au paysage en 24 x 36...il bénéficiera d'une capacité à produire de magnifiques images en grand format, à la fois douces et très détaillées, et avec une très belle capacité dynamique directement modulable par les contrôles du boîtier ; à ce sujet, les mesures "absolues" (dynamique maximale d'un fichier RAW à 200 ISO) sont excellentes, au niveau des meilleurs capteurs de la concurrence, soit près de 12 IL. Seul le Fuji S5 affiche des niveaux supérieurs, mais il ne peut pas rivaliser sur des tirages A2 avec la finesse extraordinaire de l'A900 ;

Exemples de variation de dynamique avec les réglages D-R
 

- mes jugements et mes mesures en format A2 (article publié sur le site internet  Le Monde de la Photo  Sony A900 et zoom Carl Zeiss 24-70   ) ont été critiquées au motif que peu de photographes étaient intéressés par ce format, mais je persiste et signe: lesd expositions et la marché artistique de la photo s'oriente vers le grand format, l'A900 est le premier (et à ce jour le seul) reflex 24 x 36 de format natif A2 à 254 dpi...et il est légitime de juger ses résultats sur ce format. J'ai eu le privilège de pouvoir effectuer des tirages A2 de qualité "Digigraphie" sur un prototype d'EPSON 7900 (merci à Epson France !) et à partir de JPG d'origine la qualité est du plus haut de gamme, la tendance du marché est que ce type de machines de tirage vont se diffuser dans les laboratoires, l'A900 est prêt !

La qualité finale d'un 24 Mpix ne peut se juger uniquement sur tests et sur écran...
le juge de paix reste le tirage d'expo, ici des Digigraphies au format natif A2







- pour la préparation du livre, de nombreuses optiques ont été mesurées sur mire DxO. Même s'il est un peu en retrait sur les angles et bords larges à 70 mm, le zoom de base Carl Zeiss 24-70 f/2,8 fait preuve d'un très bon rendement, il manque cependant dans la gamme actuelle un zoom moins onéreux et moins lumineux du style 24-85 (un très bon Carl Zeiss existait pour Contax !) ou 24-105...Hélas les anciens modèles Minolta ou Konica Minolta 24-85, 24-105 et 28-75 demandent beaucoup de fermeture de diaphragme pour encore faire illusion sur un capteur si exigeant, et sont très handicapés dans les angles aux courtes focales.
En longue focale par contre la situation est plus équilibrée, les anciens zooms Minolta 70-210 f/4 et 80-200 f/2,8 s'en sortent très bien, même si les nouveaux Sony G motorisés SSM sont nettement un cran au dessus: les  70-200 et le 70-300 sont excellents, chacun dans leur catégorie. En grand angle, tout le monde attend avec impatience le nouveau  16-35 Carl Zeiss, dans l'attente le 17-35 f/3,5 Minolta donne encore de très bons résultats. Par contre, la situation est moins favorable en grands angles fixes, le 20 mm f/2,8 est en retrait, les 35 mm souffrent à grande ouverture dans les angles, comme souvent chez les marques concurrentes les fixes s'épanouissent à partir de la focale standard: en haute luminosité, les 50 f/1,4 Sony  et 85 f/1,4 Carl Zeiss f/1,4 tout comme l'ancien 100 f/2 Minolta et le 135 f/1,8 Carl Zeiss sont du plus haut niveau toutes marques confondues. Les macro 50 et 100 mm f/2,8 sont très bons, de même que le 300 mm f/2,8 Sony est excellent, un peu court hélas en 24 x 36 pour la chasse photo...il manque encore un 500 mm lumineux comme chez Canon et Nikon !
 

D'excellents résultats de piqué pour des optiques haute luminosité ...



 


 

- les très bons résultats des focales fixes lumineuses mettront du baume au coeur des fans troublés par les critiques publiées dans la presse sur le moins bon rendement en hauts ISO...ce qui est paradoxal : les mesures montrent que jusqu'à 1.600 ISO, voire 3.200 ISO, les résultats sont très bons, mais ces mesures sont calculées pour des tirages "d'ancienne époque", en A4 ou en A3 selon les supports. Si l'on compare à 100% écran une image de l'A900 avec une image de D3 (le meilleur au monde avec son frère D700 pour les hauts ISO) on oublie souvent que l'on regarde une image deux fois plus grande ! Cependant, il existe quand même un problème en ISO élevés sur l'A900...sans déflorer tout l'article qui l'explique, notons qu'il me semble principalement logiciel, donc améliorable par firmware ou logiciel de conversion, car l'utilisation des grands standards du marché que sont Adobe Camera Raw ou Capture One Pro apporte des améliorations très significatives au traitement JPG par défaut ou au dématriçage par le logiciel gratuit offert par Sony !

JMS 25/10/2008
La vérité sur les hauts ISO du Sony A900 ?


à suivre...


 
 

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