Essai
numérique
FUJIFILM S5 Pro
Sommaire du dossier:
Présentation
du rendu d'image
Accentuation,
netteté
Dynamique
étendue
Traitement
des RAW
Piqué
comparé avec le Nikon D2xs
Interpolation
des fichiers
Piqué
comparé avec le Nikon D200
Haute
sensibilité ISO
Haute
dynamique en ISO élevés
Photos
de nuit
Piqué
en ISO élevés
Galerie
d'images
Deux ans après la sortie du Fuji
S3 Pro, le modèle S5 apporte des améliorations très
importantes par le choix d'un boîtier moderne et éprouvé,
celui du Nikon D200 qui est un vrai numérique "expert", voire "professionnel
léger". Doté d'un boîtier en magnésium, d'un
grand viseur (couverture 95% de chaque dimension, grossissement x 0.94,
voire x 1.12 avec le loupe DK21M) le D200 bénéficie aussi
d'un autofocus à 11 capteurs et du pilotage de flash sans fil i-TTL.
Les anciens Fuji S2 et S3 utilisaient eux une base ancienne de Nikon F80.
Ce dernier n'acceptait que les optiques autofocus en monture Nikon, mais
le S5 comme son cousin Nikon peut utiliser toutes les optiques en monture
Ai (commercialisation depuis 1977) avec une assistance électronique
de mise au point, mais surtout une mesure de lumière matricielle
et un automatisme à priorité diaphragme !
Le capteur super CCD SR de 23 x 15,5 mm dérive de celui du S3. Il comporte 12,34 millions de photosites effectifs (6,17 millions de photosites S et 6,17 millions de photosites R). Il délivre des images en plusieurs résolutions, le format RAW combinant les 12 millions de photosites pour délivrer par défaut un fichier de 12,1 MPix. Cette capacité peut être aussi atteinte en JPG, mais on n'aura aucun inconvénient sur le plan qualitatif à rester à 6 Mpix dans ce format pour tous les tirages A4. Cependant l'interpolation fournie nativement par l'appareil est trè pratique pour pratiquer sans retouche un tirage A3 !
Les photosites S sont rapides, avec
une sensibilité nominale de 100 ISO, et les R sont lents, avec une
sensibilité de 25 ISO. Evidemment, la sensibilité de chaque
couche grimpe de façon proportionnelle au réglage de l'appareil,
et à 1.600 ISO l'image est enregistrée aussi à 400
ISO par les pixels lents. Cependant, on verra que si le S5 monte jusqu'à
3.200 ISO (contre 1.600 pour le S3) un mystère demeure sur son exploitation
de la dynamique au dessus de 1.250 ISO. En effet, un fichier RAW (RAF chez
Fuji) en haute dynamique pèse 25 Mégaoctets, et un fichier
en dynamique normale ne pèse que 12,5 Mo ! Cependant, en hauts ISO
(1.250 et au delà) les fichiers du S5 ne pèsent que 12,5
Mo en dynamique élargie, comme s'ils étaient en dynamique
normale...mais l'appareil délivre cependant des images en dynamique
étendue. On tentera ci-après de trouver quelque explications
à la chose ...
Les petits photosites R sont
quatre fois moins sensibles que les S
(représentation
du principe du capteur par Fujifilm)
L'extension de dynamique, qui est une caractéristique exclusive à certains appareils Fuji permet de transcrire des écarts de lumières entre les ombres les plus sombres et les lumières les plus vives, proche de 10 IL en position 400% (wide 2), alors que les autres marques permettent un écart situé entre 7 et 8 IL seulement. Pour parler autrement, tous les numérique ont une dynamique proche des films diapositifs, alors que le Fuji S5 "encaisserra" comme un film négatif "doux. De ce fait, on repousse très loin la limite des "hautes lumières grillées" qui est la hantise de tout photographe numérique, et les JPG d'origine sont presque toujours très exploitables quand il faudrait travailler très précisèment les RAW sur certains appareils concurrents.
Comme le S3, le nouveau S5 offre deux types de réglages pour profiter de cette dynamique: soit on fait confiance à l'appareil, d'abord en configurant dans le menu en rendu standard une dynamique "automatique" et en laissant à la mesure matricielle le soin d'en commander le dosage (dynamique automatique), soit en forçant l'appareil sur "wide 2" qui, par sécurité, appliquera un ajout de dynamique maximal (2 IL) à chaque image. Il est possible de moduler très finement la dynamique ("wide1" = 1 IL) par paliers. Il est à noter que les choix de simulation de film du Fuji S5 ont aussi une influence sur la dynamique: si l'on choisit F1 (film négatif doux) on bénéficie d'une dynamique importante, si on choisit F2 (film diapo saturé) elle est moindre, et si on choisit standart on reprend en main la possibilité de la contrôler.
Notre première prise en main
a consisté notamment à comparer les nouveaux réglages
de profil film et d'accentuation, beaucoup plus nuancés que ceux
qui étaient disponibles sur le S3. Mais dès la prise en main,
j'ai observé que la réactivité du boîtier et
du buffer n'ont plus rien à voir avec l'ancien modèle: il
est désormais possible de photographier en RAW + JPG en vues isolées,
avec une cadence telle qu'on ne perd pas la main en photographie courante.
Ce n'est qu'en rafale "sportive" que le S5 est vraiment bridé, en
vue par vue on peut aligner 7 ou 8 vues avant de bloquer la sauvegarde.
| Cadence
de tir...
La vitesse de déclenchement
est le point un peu faible du S5, car le D200 de base "rafale" en
RAW + JPG à la vitesse de 5 images secondes. Le S5 est limité
à 3 images secondes en dynamique normale et 1,6 en dynamique étendue.
J'ai mesuré respectivement 3,25 i/s et 1,75 i/s sur carte Sandisk
Extreme III. A partir de 1.250 ISO, du fait que les fichiers sont deux
fois moins lourds, on retrouve la même cadence qu'en dynamique normale
même si on règle l'appareil sur dynamique étendue "wide
2". Un point surprenant et curieux, mais tout à fait intéressant
pour la photo de spectacle ou le reportage en faible lumière. Dommage
que le bruit mécanique soit beaucoup plus élevé que
sur le S3 !
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En qualité d'image, on retrouve le caractère et la colorimétrie à laquelle on est habitué avec le S3, mais on dispose de plus de nuances de réglages. Par exemple, beaucoup trouvaient l'accentuation trop faible en position "sans" sur le S3, et trop "raide" en 6 millions de pixels le réglage "standard". Le S5 inaugure une gradation bien plus équilibrée, "aucun, moyen doux, standard, moyen dur, dur". Le réglage standard est moins violent que sur le S3, ce qui est très bien. Evidemment en RAW on pourra doser plus finement la netteté.
L'essai s'est déroulé
en deux fois, en mars et en avril, et je remercie Fujifilm France pour
le prêt du matériel testé, qui a été
utilisé avec de nombreuses optiques Nikon: 18-200 VR, 35-70 AFD
2.8, 80-200 AFD 2.8, 50 AFD F/1.4, 105 2.8 AFS VR, 300 AFI 2.8, et même
200-400 AFS VR.
Rendu d'image
Ci-dessous on voit, par comparaison
avec les réglages du S3, l'effet en paysage des profils films. Ces
vues ont été faites à 100 ISO avec le zoom 18-200
VR à la focale de 18 mm.
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L'ajustement des rendus "film" est nuancé
au point qu'il est parfois délicat d'en séparer toutes les
nuances ! Des essais ont bien entendu été tentés sur
des portraits, et j'aurais tendance à préférer le
rendu F1b...ces essais ont été faits à 100 ISO avec
le Micro Nikkor AFS VR 105 au diaph de f/4.
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Un réglage moyen comme "F1b"
concilie très bien la douceur nécessaire à un portrait
et le piqué, comme le montre le crop du cliché d'origine
en format A3, le JPG d'origine étant en format 4256 x 2848 (12 Mpix).
Crop du cliché "F1b"
Enfin j'ai essayé ces profils
en fill in flash, avec le flash intégré du S5 et un 50 mm
f/1.4 ouvert au diaph de 4.
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Crop du cliché "F1b"
Prise de vue au flash
Le système flash du S5 est strictement identique à celui du Nikon D200, et d'ailleurs ce sont les flash Nikon qui sont compatibles. Le système i-TTL et la commande sans fil à distance des groupes de flash est un très grand progrès par rapport au contrôle DTTL du S3, même si ce dernier m'a toujours donné de bons résultats.
J'ai rapidement testé non seulement
le "fill in" (ci-dessus) mais aussi l'utilisation du petit flahs intégré
en intérieur. RAS...c'est nickel o)
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Accentuation et netteté
Les nouveaux réglages de netteté
permettent une approche beaucoup plus nuancée de l'accentuation,
laquelle se voit d'ailleurs plus en plein écran sur les clichés
en résolution 12 Mpix. Le test a été conduit à
100 ISO avec le 105 Micro Nikkor Vr au diaph de 5.6, en RAW + JPG. Ci dessous
on verra les résultats en JPG en 6 Mpix, puis 12 Mpix.
Scène d'ensemble, prise à
une quarantaine de mètres du photographe.
Fichiers JPG de 6 MPix
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Fichiers JPG de 12 MPix
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L'accentuation est donc moins musclée que ce que l'on a pu remarquer sur le test du Fuji S3 Pro et surtout sera facile à doser selon le sujet...ou l'objectif utilisé. Pour avoir des résultats impeccables en format A4, je ne saurais que conseiller de choisir le réglage standard avec la résolution 6 Mpix. Pour le 12 Mpix, cela dépendra plus du sujet à mon sens, mais une accentuation assez douce donne plus de possibilités d'intervention en post traitement, ne l'oublions pas...
Au vu des résultats, j'aurais
une nette tendance à conseiller, pour faire face à tout usage
possible...un couple RAW + JPG taille M (6 Mpix) qui permettra de sortir
des A4 voire A3 à partir des JPG, et de faire des A3 impeccables,
mais aussi des A2 voire A1 à partir des fichiers RAW !
Exemples fichiers JPG de 6 MPix, accentuation standard
Chaque image prise en JPG 6 Mpix avec
le 105 Micro Nikkor est suivie d'un crop





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et des correspondants PICTCHALLENGE "Tout photographier en numérique", ouvrage rédigé par Jean-Marie Sepulchre (JMS), créateur des sites "Pictchallenge", présente en une trentaine de chapitres sur près de 300 pages et 800 photos tous les sujets courants explorés avec des appareils photographiques numériques...du compact au D2x ! De nombreux invités ou correspondants de Pictchallenge ont participé au projet en mettant en images leur sujet de prédilection. Des chapitres techniques présentent les bases du réglage et du post-traitement.Disponible dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne (Fnac, Amazon, Alapage, Chapitre...)...ainsi que directement auprès de l'éditeur. Prix conseillé : 29 euros. cliquez sur l'image ! Chez le même éditeur, vous apprécierez aussi, à destination des débutants, "Apprendre à photographier en numérique" (12 euros) et "Photographier avec son téléphone" (9,90 euros).
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