Essai numérique
 

 FUJIFILM S5 Pro
(3)
 

Le "test des briques"...image au 35 mm

Le piqué comparé avec les Nikon D2xs et D200


Le piqué et ses comparaisons






Cela fait presque huit ans que Pictchallenge utilise des murs de briques pour comparer le piqué des systèmes, d'abord argentiques, maintenant numériques. Ce test ne peut pas donner d'indications chiffrées, mais il permet d'avoir une base de comparaison visuelle. Rien n'interdit par ailleurs d'imprimer les images à leur vraie dimension...en gros chaque "crop (découpage de fichier) permet de faire un tirage de 5 x 5 cm environ.

Comparaison du piqué selon la sensibilité entre le Fujifilm S5 et le Nikon D2xs

Le test qui suit ci-dessous est très sévère, car nous avons comparé les clichés RAW du S5, à leur résolution de base (soit 12 millions de pixels, 4.256 x 2.848) à ceux fournis par le Nikon D2xs (4.288 x 2.848). Chaque fichier a été développé par le meilleur logiciel d'origine (Hyper Utility v3 pour le S5, Nikon capture NX pour le D2xs, en réglage de netteté "standard" et sans réduction du bruit, et sauvegardé en format TIFF.  L'extrait publié est situé en haut et au centre du cliché pris à la focale de 35 mm, avec un zoom Nikon AFD 35-70 mm f/2.8 au diaph de 8.

En haute sensibilité, il a été appliqué sur chaque fichier une réduction du bruit en mode automatique (traitement par lot) avec le logiciel Noise Ninja.
 

En examinant ces extraits, il ne faut pas oublier que nous analysons un fichier destiné à imprimer nativement des A3 à 254 dpi, soit 10 pixels par millimètre de tirage. En affichage écran à 72 dpi, ces fichiers équivalent à une image de 1 mètre 50 de large.
 
 

NEF du Nikon D2xs
RAF du Fujifilm S5 Pro
100 ISO
100 ISO
200 ISO
200 ISO
400 ISO
400 ISO
800 ISO
800 ISO
1600 ISO
1600 ISO
3200 ISO
3200 ISO
post traitement Noise Ninja
post traitement Noise Ninja
800 ISO
800 ISO
1600 ISO
1600 ISO
3200 ISO
3200 ISO

En réglage par défaut le fichier du Nikon D2xs est plus fin et rend mieux compte des détails, ce qui est somme toute assez naturel parce qu'il ne fait pas appel à l'interpolation. Mais cette supérioté apparaît quand même moins évidente au dessus de 400 ISO, car les fichiers du Nikon sont plus entachés de bruit chromatique. En très haute sensibilité, les deux appareils ont tendance à "noyer" les détails et le lissage appliqué par Noise Ninja produit une qualité comparable à 1600 ou 3200 ISO.
 

Si l'on examine les crops des JPG directement sortis de l'appareil, comme le montre le tableau ci-dessous (aucune réduction de bruit n'a été appliquée ni ne prise de vue ni en post traitement),  l'écart qualitatif est moindre: le traitement par le processeur de l'appareil et la compression a tendance à égaliser la qualité des fichiers pour un tirage A3 ! On observe par exemple des petites franges colorées sur les JPG du Nikon, défaut que Nikon capture gomme en post-traitement. Par contre, on aura la surprise de voir des JPG qui présentent moins de grain coloré que les fichiers RAW: cela s'explique par le fait que même en réglage de réduction du bruit désactivée, le Nikon D2xs applique un "médicament minimum" sur les fichiers. Par contre, le réglage "ORG" du Fujifilm reste homogène que l'on soit en RAW ou en JPG. Au total, la qualité sera très proche entre les deux appareils chaque fois que l'on utilise le réglage JPG pour produire des tirages, qui seront dans les deux cas de belle qualité en A3 entre 100 et 800  ISO.
 
 

JPG du Nikon D2xs 
JPG du Fujifilm S5 Pro 
100 ISO
100 ISO
200 ISO
200 ISO
400 ISO
400 ISO
800 ISO
800 ISO
1600 ISO
1600 ISO
3200 ISO
3200 ISO



 
 

Agrandissement et interpolation






Si dans certaines conditions on peut obtenir des fichiers de qualité comparable pour une exploitation en format A3, l'interpolation en A2 révèle de plus grandes différences. En effet, le fichier du D2xs subit là sa première interpolation, tandis que celui du S5 Pro en sera à sa deuxième opération d'agrandissement.

Pour ce test, je suis parti de fichiers RAW (prise de vue à 35 et 50 mm avec le zoom 35-70 f/2.8 AFD, au diaph de 5.6 et à la sensibilité de 100 ISO) qui ont été développés avec leur logiciel d'origine mais sans aucune accentuation (netteté "aucune"). Ensuite les fichiers ont été enregistrés en TIFF 8 bits et redimensionnés en 6.300 pixels de large avec Photoshop Eléments (interpolation bicubique). Chaque fichier s'est vu ensuite appliquer avec le même logiciel une accentuation "basique", un peu plus importante pour le fichier du Fuji qui présente malgré tout un handicap de piqué sur celui du Nikon. Mais il s'gait là de "pousser" la netteté sans pour autant voir l'apparition de franges blanches qui seraient trop visibles à courte distance sur un agrandissement de format A2.

Il apparaît qu'il "reste de la marge" pour accentuer les fichiers du Fujifilm: les briques au centre pourraient être mieux détourées, par exemple en appliquant une ou plusieurs fois le filtre simple "plus net" de Photoshop. Cependant, un tel traitement risque de faire apparaître trop d'artefacts, notamment de l'aliasing de crênelage sur les lignes obliques.

Ci-dessus un test au 50 mm. Il apparaît qu'en longue focale il existe souvent moins d'artefacts sur les lignes obliques.



 
 
 
 
 
 

NEF de Nikon D2xs
RAF de Fujifilm S5 Pro
35 mm, A2 centre de l'image 
35 mm, A2 centre de l'image
35 mm, A2 bord de l'image
35 mm, A2 bord de l'image
 50 mm, A2 centre de l'image
50 mm, A2 centre de l'image 
 50 mm, A2 bord de l'image
 50 mm, A2 bord de l'image
 filtre Photoshop "plus net"
filtre Photoshop "plus net"
 35 mm, A2 centre de l'image
 35 mm, A2 centre de l'image
 35 mm, A2 bord de l'image 
 35 mm, A2 bord de l'image 
 50 mm, A2 centre de l'image
 50 mm, A2 centre de l'image
  50 mm, A2 bord de l'image
 50 mm, A2 bord de l'image
 
 
 
 

La  nécessité de doser l'accentuation sur les fichiers de S5 de façon à ne pas risquer de dépasser les limites est un handicap pour les grands tirages, et l'on peut regretter que le logiciel Hyper Utility n'offre pas, contrairement à Nikon capture, de fonction de redimensionnement direct et de masque flou, pour ajuster au mieux l'interpolation et la netteté sur le fichier RAW développé, avant sauvegarde en format universel.
 

J'ai essayé diverses combinaisons d'interpolation et d'accentuation...avec des résultats assez proches finalement: la limite de l'accentuation est atteinte quand risquent de se produire des déformations de moiré ou de crênelage en escalier, sur des lignes obliques.
 
 

Base  fichier RAW de Fuji S5 Pro - 35 mm - 100 ISO


Interpolation A2 - 35 mm centre de l'image
Interpolation A2 - 35 mm bord de l'image
Photoshop Elements bicubique netteté + plus net
Photoshop Elements bicubique netteté + plus net
Genuine Fractals
Genuine Fractals
Nikon capture NX
Nikon capture NX
Corel Paint Shop Pro 9
Corel Paint Shop Pro 9
Pxl SmartScale
Pxl SmartScale

On retiendra qu'il n'existe aucune solution unique, même si le plug-in "Pxl SmartScale" semble donner de très bons résulats et est vraiment d'usage très aisé...mais hélas très couteux pour un simple outil d'interpolation!  Nikon capture NX qui, on l'ignore souvent, sait traiter les images TIFF ou JPG issues de tous les appareils, offre un outil d'accentuation séparé par couche de couleurs qui peut être utile bien que très délicat à maîtriser. Bref, la meilleure solution serait que Fuji greffe un module de redimensionnement et d'accentuation dans Hyper-Utility, car la qualité des fichiers de base mérite de faire quelques efforts pour les optimiser en vue d'agrandissements plus importants que le format A3 qui est bien la norme par défaut de l'appareil.



Comparaison avec le Nikon D200
 






A la demande générale j'ai aussi confronté le Fujifilm S5 Pro avec le Nikon D200 dont il dérive étroitement. Deux essais ont été effectués sur un détail de mur au soleil, photographié au Micro Nikkor 105 f/2.8 AFS VR, au diaph de f/5.6: dans un premier temps est comparé le JPG du S5, en taille "M" (6 Mpix), par comparaison au JPG Fine du D200 réduit à la même taille (3.024 pixels de large) sans aucun autre réglage. Ensuite c'est le RAW du D200 qui est interpolé en 4.256 pixels de large, pour être comparé au fichier RAF du S5.
 
 

Nikon D200                               3.024 pixels de large                                                Fujifilm S5



 
 
 
 
 

100 ISO
200 ISO
400 ISO
800 ISO
1600 ISO

S'il s'agit de fournir des images en 20 x 30 cm, notamment pour la presse, le S5 en JPG de base et taille M n'a pas à rougir de son excellent piqué en réglage standard. Le JPG redimensionné du D200 semble un peu moins défini et est plus bruité à 800 et 1600 ISO; à partir des RAW en 12 Mpix (interpolés par l'appareil sur le Fujifilm, redimensionnés par Nikon Capture NX pour le D200), la situation présentée ci-dessous est un peu différente. Le fichier du Nikon D200, un peu moins "vigoureux" présente toujours des détails fins "plus propres" sans aucune trace d'aliasing et de crênelage, par exemple sur les ils électriques ou sur le cercle inférieur de la bouche d'aération. Certes, les nuances sont minces et seront quasiment invisbles sur un tirage A3+, mais là aussi le fichier du D200 présentera un peu plus de potentiel pour un agrandissement plus important.
 
 

Nikon D200                               4.256 pixels de large                                                Fujifilm S5



 
 
 
 
 
 

100 ISO
200 ISO
400 ISO
800 ISO
1600 ISO

En conclusion le S5 Pro présente des fichiers tout à fait aptes à sortir des tirages A3 voire 30 x 45 de la plus haute qualité, car son accentuation souligne bien les détails importants et les petits défauts d'aliasing seront trop petits pour être gênants. Par contre, il présente une définition des fins détails inférieurs à ceux que procurent les Nikon D200 et D2xs...la hiérarchie de qualité étant d'ailleurs respectée pour ce dernier modèle dont les fichiers ne craignent nullement les grandes interpolations.
 
 
 
 



 
 

Le Fujifilm S3 Pro était un roi des hautes sensibilités et de la photo de nuit...dans les pages suivantes vous découvrirez le comportement du S5 sur ces critères !
 
 

page suivante : haute sensibilité
 
 
 
 
 

REPRODUCTION INTERDITE - COPYRIGHT



 
 

retour à l'index test numérique
 

retour à l'index général
 

copyright www.pictchallenge.com



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

toujours disponible le livre de JMS 
et des correspondants PICTCHALLENGE

"Tout photographier en numérique", ouvrage rédigé par Jean-Marie Sepulchre (JMS), créateur des sites "Pictchallenge", présente en une trentaine de chapitres sur près de 300 pages  et 800 photos tous les sujets courants explorés avec des appareils photographiques numériques...du compact au D2x ! De nombreux invités ou correspondants de Pictchallenge ont participé au projet en mettant en images leur sujet de prédilection. Des chapitres techniques présentent les bases du réglage et du post-traitement.Disponible dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne (Fnac, Amazon, Alapage, Chapitre...)...ainsi que directement auprès de l'éditeur. Prix conseillé : 29 euros. 

cliquez sur l'image ! 

Chez le même éditeur, vous apprécierez aussi, à destination des débutants, "Apprendre à photographier en numérique" (12 euros) et "Photographier avec son téléphone" (9,90 euros). 

 



Sites associés par partenariat :


Photo-Pyramide
Forum critique photos, conseils techniques, argentique, numérique...

DETONPHOTO
Technique photo, conseils, galeries