NUMERIQUE
 

PENTAX K20D
ET SES OBJECTIFS

7 optiques mesurées avec le système DxO
 



 
 


 

(c) PENTAX


 
 

Le PENTAX K20D marque une nouvelle étape dans la haute résolution des capteurs, car il est le premier reflex de format APS à dépasser 14 millions de pixels - il y a un an 16 millions étant considéré comme le graal par les professionnels travaillant en petit format ! Une telle densité de photosites exige beaucoup des optiques qui, en théorie, doivent présenter un pouvoir séparateur proche de...100 paires de lignes au mm...pour déployer toutes leurs qualités sur un tel capteur. Evidemment, le piqué final dépend aussi de deux critères difficiles à quantifier, en premier lieu le filtre antialiasing dont on ne connaît pas la fréquence de coupure, en second l'accentuation native du boîtier en JPG.

Ces premiers essais ont en effet été effectués sérieusement...mais très rapidement...avec un modèle commercial définitif, donc la première comparaison a été effectuée en JPG ce qui est instructif si on veut le comparer aux tests déjà publiés ici même du D200 ou du Canon Eos 5D.

La netteté boîtier a été réglée sur normal et j'ai opéré à 100 ISO. Pour une première prise en main, j'ai regretté de ne pouvoir disposer ce jour là des optiques pros...ce n'est qu'un début, d'autant que je collabore en ce moment à un projet de livre à sortir au printemps 2008 sur le système Pentax numérique !
 
 


méthode d'essai
avec la mire et le logiciel DXO Analyzer






NOTICE: méthode de mesure

Aujourd'hui DXO Analyzer est utilisé en tout ou partie par toute la presse photographique française, mais les données synthétiques globales publiées apparaissent parfois un peu frustrantes pour les photographes "accros" de la technique. Par rapport aux anciennes fiches de Pictchallenge, ces nouvelles mesures s'appliquent sur 4 zones au lieu de 2 ou 3. La notation a été revue pour s'aligner sur des normes plus courantes (de 0.5...un zero pointé symbolique, en fait....à 5) et  la cartographie des point de mesure, sous forme de symboles en face d'une échelle de valeur en couleur, (de nul à excellent) est complétée d'un tableau avec une charte de couleur qui permet de visualiser immédiatemment les zones (vert intense et vert vif) de haute qualité, en fonction du diaph et de la position dans l'image !

Les zones de mesure sont donc au nombre de quatre:


Le centre de l'image fait l'objet d'une mesure unique. C'est là qu'est effectuée la mise au point de référence pour chaque prise de vue, avec le système autofocus de l'appareil (assistance électronique pour les optiques manuelles). Le moindre décalage du système dégrade fortement la note à pleine ouverture. On verra que certaines optiques notamment des zooms "special numérique" parviennent à une note de piqué "excellent" dès leur pleine ouverture, puis le piqué décline à partir de f/8 voire de f/5.6 !  Alors que tous les auteurs recommandent aux photographes de ne pas cadrer "dans la pastille" (c'est à dire au centre) et au contraire de s'appuyer sur les lignes "des tiers" (qui divisent  l'image en neuf zones)  pour construire leur composition (notamment en reportage), il existe peu d'indications dans la presse sur le piqué dans ces zones. La note "tiers" des tableaux et graphiques est pour moi la plus importante pour toutes les vues où le sujet principal est dans ces zones et où le fond (donc les bords et les angles) sont dans le flou. 
La note de piqué "sur les bords" fait une moyenne entre une zone assez favorable (en haut et en bas du centre) et une zone plus délicate  proche des angles à droite et à gauche de l'image. Une mauvaise note de "bords" est généralement causée par la dégradation de cette zone par de mauvaises notes proches de celles des angles extrèmes. Ce défaut est gênant en paysage, et on aura intérêt à choisir une valeur de diaphragme de zone de couleur homogène entre centre, tiers et bords (si possible très bon ou excellent !) pour éviter toute déconvenue (photos architecturales avec détails, par exemple).  La mesure dans les angles est la plus sévère notamment pour les optiques à haute luminosité et pour les zooms grand angle. La concentration de certains défauts dans les angles...points les plus éloignés du centre dans le cercle de couverture de l'optique (vignetage, aberration chromatique) a des effets destructeurs cumulatifs sur l'impression de piqué. En pratique cependant une mauvaise note dans les angles a pleine ouverture a peu d'incidence car ces zones de l'image sont généralement dans le flou d'arrière plan. Par contre une note qui reste faible en fermant le diaphragme (paysage) est un motif pour mal noter l'optique dans son ensemble. 

Quelques précisions supplémentaires peuvent être données pour la compréhension de nos fiches.
 

    - les mesures ont été faites à partir de fichiers JPG Fine à 100 ISO, netteté et contraste normal ;

    - si les symboles (centre, tiers, etc) sont illisibles car superposés l'un sur l'autre, c'est un très bon signe pour la qualité globale (homogénéité du piqué)...sous réserve qu'ils soient superposés dans une zone...verte ;

    - les notes et zones de couleur souffrent comme toute statistique de l'effet de seuil. Par exemple, une mesure "excellent" de 4,51 n'est pas extraordinaire par rapport à un grade "très bon" de 4,49 ! Mais il faut bien fixer des zones de transition. La lecture des chiffres apporte un élément complémentaire de compréhension des notes globales. A contrario, la limite entre "mauvais" et "nul" est plus artificielle. Ces zones sont peu exploitables en pratique même pour une image de petite dimension ;

    - les notes de base sont pondérées en fonction du nombre de pixels pour un format de sortie donné, ici le format A3+ sans marge. La résolution du Pentax K20D permet de tirer cet A3+ à 264 dpi, ce qui est supérieur à la qualité photo couramment reconnue ! Une double page de news à 300dpi est à la portée de ce nouveau capteur sans aucun problème pour toutes les optiques notées ++++ ;

    - les notes globales  à gauche de la carte ds couleurs ( de 1 à 5) sont données par usage d'application. - reportage, portrait, paysage - en fonction de la répartition des zones de piqué. Ainsi une optique qui ne présente pas de zone homogène du centre aux bords ne pourra obtenir la note maximale en paysage. Par contre, si la netteté est très élevée au centre et sur les lignes de tiers elle pourra "crever le plafond" en catégorie reportage ;

    - les "plus" globaux (les "+" de Pictchallenge) tiennent compte de la catégorie de l'optique.
 



12 mm

Le 12-24 f/4 est très réputé, réputation tout à fait confirmée, même si les angles sont légèrement en retrait le résultat est bon voire très bon à f/8 ou f/11, valeur très conseillée en paysage au très grand angle pour bénéficier des détails les plus fins et de la plus grande profondeur de champ.
 



18 mm


 

A 18 mm (soit l'équivalent du classique 28 mm en 24 x 36) le 12-24 f/4 est tout à fait excellent...rien à signaler de négatif !
 

Très bon résultat à 18 mm pour l'ancien petit zoom d'entrée de gamme Pentax (bien construit avec monture métal, néanmoins) qui est remplacé par une série II optimisée pour le capteur du K20D. Les angles restent cependant toujours en retrait, on veillera à son cadrage quand on connaît cette petite faiblesse.



24 mm
 

A 24 mm le 12-24 présente juste une faiblesse dans les angles extrêmes aux deux plus grandes ouvertures, peu usitées en paysage urbain qui requiert des détails partout et une grande profondeur de champ. Mais les bords sont déjà excellents à f/5.6, avant que tout le champ ne devienne superlatif de f/8 à f/16.
 
 

A 24 mm (le classique 35 mm des 24 x 36) le petit zoom économique présente un piqué étonnant sur une bonne partie du champ dès f/5.6 et sera d'excellent niveau entre f/8 et f/11.
 
 


35 mm
 

Le centre de l'image est déjà très bon à pleine ouverture, mais on sera quand même plus à l'aise entre f/5.6 et f/11. Attention aux angles qui présenteront toujours un risque de perte de détails en paysage urbain par exemple.i
 


43 mm
 

Le 43 mm f/1.9 "limited" est une optique luxueusement construite et porteuse de mythe depuis longtemps. Cette focale peut répandue représente la "vision normale" en 24 x 36, puisque 43 mm est la diagonale du format. En numérique APS cela correspond à une focale un peu serrée utile en reportage ou en portrait. Dès la pleine ouverture le piqué est excellent au centre, mais le reste du champ traîne à suivre, notamment les angles qui sont très mauvais...mais en reportage le fond sera dans le flou complet. Cela s'améliore dès f/2.8 pour les bords et à f/4 le piqué devient homogène. Excellent partout aux ouvertures moyennes.



50 mm
 
 

Le 50 mm macro est aussi utilisable en portrait rapproché et en reportage, puisqu'il cadre comme un 75 mm argentique 24 x 36 et il est excellent partout dès f/4...sans commentaire! Un choix sans problèlme en moyenne focale.



55 mm

A 55 mm le petit zoom de kit est vraiment dépassé par la résolution demandée par le capteur du K20D et ne pourra servir qu'en dépannage, même si le centre de l'image reste très piqué. Attendons la version II !
 



85 mm

Malgré plusieurs essais jamais le piqué n'a réussi à "percer" à pleine ouverture, qui est très douce et conviendra pour des portraits nimbés de flou artistique, mais dès f/2 le centre est très bon, même si le reste du champ est faible. A partir de f/2.8 le piqué atteint des sommets et l'optique est superlative...à comparer aux mêmes ouvertures du 100 macro ci-dessous. A noter que sur les forums d'aucuns s'inquiètent que les numériques modernes n'arrivent pas à exploiter le pouvoir séparateur insuffisant des optiques très lumineuses à pleine ouverture (cf. le Canon 85 f/1.2 sur l'EOS 1ds Mark III, ou le Nikon 85 f/1.4 sur le D300)...mais si on fait du portrait à f/1.4 pn aura un oeil net et l'autre flou, ou les lévres nettes et le nez flou...pas toujours évident en pratique. A f/4 ou f/5.6 par contre on obtiendra une netteté exceptionnelle sur le point d'accroche du portrait et un flou dégradé du plus bel effet sur le fond.
 



100 mm
 

Le 100 macro déçoit un peu aux grandes ouvertures, même si le piqué est très bon au centre les bords et les angles manquent de punch et il faut fermer à f/8 ou f/11 pour atteindre l'excellence. Heureusement en macro le sujet est rarement placé dans les angles lesquels seront de toute façon dans un flou complet, mais en reportage cette optique est un peu limitée...


200 mm
 

Le tout nouveau 200 mm f/2.8 DA à motorisation ultrasonique m'avait fait forte impression en prenant en main un prototype du K20D en janvier...c'est confirmé. C'est ce que l'on nomme un "cinq étoiles" de rêve excellent sur tout le champ dès la pleine ouverture ! Parfait en mode comme en reportage ou en sport...
 
 



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